QUOI QUE
(lu dix- septième, cette conjonction s'écrivait toujours en deux mots, comme le prouveront ces quelques exemples pris au hasard :
Et s'estudia de rendre son filz Ctesippns homme de bien , quoy qu'il le veist fort dépravé et fort incorrigible. (Amtot, Vies, Phocion.) — Quoy que sons bon* nestes prétexte les roys prétendent en abuser. (Pasquibi, Pourparler du Prinu.) — Et quoy que par adversités casaelles ils culbutent du haut en bas, seront tOMjours semblables à eux. (Id., Pourparler de la loy,)
Quoy que ce grand cœur généreux, Forcé d'un respect amoureux, Ait flecby devant vostre face.
(Théoph., Au Aoy, Ode, Cher object dei yeux et des cœort.)
Il fut un vagabond, et, quoy qu on le renomme (Ënée),
Je ne sçay s'il posa les fondemens de Rome. (Id., Élégie à M. de Jf...)
.... quoy qu'un peu hors d'haleine. (St-Amant, ètoyse sauvé, vu.)
Quoy qu'inspiré du démon des tavernes. (Id.^ La Peiarrade aux RondJ)
Le soleil est toujours le mesme, quoy que les nuages offusquent sa lumière. (M"« DE La Sdze, Recueil de pièces galantes, t. iv, p. 16. Le Démêlé de l'Esprit et du Cœur,) — Je continuai donc cette histoire : mais quoi que je l'eusse déjà poussée jusqu'au règne de Henri II. j'étois sur le point d'abandonner mon ouvrage. (Rapin Thotras, Hist. d'Anglet,, préf.) — Quoi qu'il respecte les deux partis. (Id., ibid.. Plan de l'Hist. d'Anglet., t. vu.)
Vaugelas écrit aussi quoy que, ainsi qu'on peut le voir par les citations des Remarques faites pages 446 et 460 de ce volume.
Dans une grammaire française publiée en 1744, la gi^ammaire de l'abbé Vallart , cette conjonction est encore écrite en deux mots, quoi que, à la liste alphabétique de toutes les conjonctions ; dans un article suivant, où les conjonctions sont rappelées chacune à leur espèce, quoique est écrit en un seul mot : quoiquUl soit pauvre, il est honnête homme. (V. page 403.)
L'usage n'était donc pas encore tout à fait fixé, bien que l'orthographe actuelle prévalût depuis longtemps déjà. — Pendantun certain nombre d'années , quelques auteurs avaient mis un trait d'union entre quoi et que, quoi-que. C'est ainsi que ce mot est écrit dans les Réflexions sur l'élégance et la politesse du stile , par M. l'abbé de Bellegarde, 3® édit., 1715.
L'ancienne manière d'écrire cette conjonction est parfaitement justifiable, et peut même paraître préférable à celle qui a été adoptée depuis. En écrivant quoi que, en deux mots, quoi gardait sa valeur de pronom , et que était seul conjonction. Quoiqu'il soit généreux, écrit à l'ancienne manière, voulait dire à quelque point, à quelque degré qu'il soit généreux, ce qui