‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 4)Chapitre 55 sur 342 · OBSTINER · texte numérisé non relu

OBSTINER

Ou n'ose en rien connottre, ou demeure insensible,

Et laisse à ma pudeur des sentiments confus

Que l'amour-propre obstine à douter du refus. {Strt., %i, 1.)

Obtiinons Grimoald par maxime d'Ëtat,

A le croire imposteur, ou craindre un attentat. (P«rfA., m, 6.)

Dompte sous une exacte et forte discipline

Ces inséparables flatteurs Que l'amour de toi-même à te séduire obstine» [Imit.t i> 31.)

De mille objets impurs l'abominable foule, ^ Qui jusqu'au fond du cœur en moins de rien se coule, N'a pas pour en sortir même facilité:

Leur plus légère idée a peine à disparottre, Le soin de l'effacer souvent Vobstine à croître, Et montre ainsi l'excès de mon infirmité. [Ibid., iii, 30.)

On a dit de même :

La honte de se dédire les obstine à continuer leur indignation. (Tbbopb., Leu., à Mathieu Mole.)

— s'oBSTiNER A, suivi d'mi substantif:

... Destins, si votre envie, Si votre haine encor s'obstine à des tourments, Jusqu'à me réserver à d'autres châtiments, Faites que je mérite, en trouvant l'inhumaine,

Par un nouveau forfait une nouvelle peine. (C/i/., iv, 3.)

Allez, dans le caprice où votre humeur s*obstine. Vous ne méritez pas l'amant qu'on vous destine. (te Cid^ v, 5.)

Puis tout triste et pensif '\\**obstive au silence. {Pomp*, in, 1. 1

... Et que s'il continue.

Je ne m'obstine plus à tant de retenue. ( AftcoM., i, 3.)

Qu'il s'obstinoit pour vous au refus de ma main. {Sert,, v, 4.)

— De même, avec le participe passé :

Ton Dieu sait ta foiblesse et n'exige de toi

Que la sincérité d'une solide foi.

Qu'une vie obstinée à la haine du crime. [Imit , iv, 8.)

On trouve, et au dix-septième siècle et dans le nôtre, de fréquents exemples de cet emploi :

Et cet âpre courroux, quoi qu'elle en puisse dire.

Ne s'obstinera point au refus d'un empire. (Racinb, Alexandrtt m, 3.) Tant de gens ont dit et tant de gens croyoient que le roi se perdoit en s'obethnantaux vieilles idées I (J. db Maistre, Considér. sur la fV., viii.) — Uarcourt devait être puni de la victoire qu'il remportait sur sa patrie, ainsi qu'il arrive à ceux qui s'obstinent à ces longues vengeances qui n'appartiennent qu'à Dieu. (Ghatbaubr., Hist, de Fr.)-^Je ne pourrais m' obstiner au silence sans avoir l'air de désavouer, en ne répondant ni ooi ni non, la grande liberté commerciale et poliUque qui... (Lamaht., Dtfc. à MmêdlU, 14 août 1847.)

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