OMBRAGE
Comine quand ao sombre nuage Cache le ciel par son ombrage^ A Tentour de ce corps obscur Le ciel prend un nouvel azur.
[La Faiseute de Moucheg, Var. hist et litt.. t. vu.) Prenez garde comme Tan de la peinture'y est bien observé, soit aux raccourcissements, soit aux omlfrages on aux proportions. (B'Urpb, CAttrie, i, ll.J Un éclat de vos yeux les confond au besoin, Ces vains raisonnements recueillis avec soin, Comme le jour des nuits efface les ombrages^ Ou comme le soleil dissipe les nuages. (Senicé, Uu., à .M*" *^*.)
Au figuré :
Car comme ainsi soit que la description qu'en donnent les philosophes, qui semble eslre la plus passable, à sçavoir qae Dieu est l'esprit du monde, ne soit qu'on ombrage qui s'esvanoiîit... (Calv., Imiii. chriu, i, 13.]— Savez-vous, à mon avis, ce que c'est que cela? Ce sont des ombrages qui leur viennent de quelques conceptions informes, qu'ilz ne peuvent démesler et esclaircir au dedans, ny par conséquent produire au dehors. (Montaicrb, £<«., i, 25.) ^- Ils outrepassent le présent, et ce qu'ilz possèdent , pour servir à l'espérance, et pour des ombrages et vaines images que la fantaisie met au-devant. (Id., ibid,, m, 13.) —Encores que tous les jours on entende dire de ceste-cy et de ceste-Ià d'estranges actions, ne s'ensuit pas pourtant qu'il soit vray; mais sommes si simples, que laissons nous induire à le croire par l'om^ra^e de l'apparence de l'effect, que la malice des hommes nous fsit souvent veoir. (Lariv., Le Fid,, v, 8.) ~ H procède pied à pied dans ses connaissances; il est sujet à erreur, et souvent est contraint d'abandonner les propositions qui lui auroient semblé les plus certaines. C'est un effet de l'opacité des corps qui offusque la clarté de l'entendement par les ombrages de la matière. (Ghapilain, préf. de la 2« part, de la PuceUe.) — Mais pour ne laisser aucun ombrage ni aucun scrupule dans les esprits sur une question si importante, voyons... (Bruets, Examen des raisons de la séparation des protestons,)
Nous voyons maintenant la valeur de la locution faire ombrage. On a dit faire ombrage, comme on disait faire ombre, comme on dit encore tout lui fait ombre, par une image qui se comprend <r elle-même. Et ce même mot ombrage est devenu général pour signifier défiance, soupçon.
C'est parce qu'ombrage a été synonyme d'ombre qu'on a dit ombrager pour signifier ombrer, couvrir d'ombre :
Au propre :
Tout de même que les peintres, ne pouvant également bten représenter dans un tableau plat tontes les diverses faces d'un corps solide, en choisissent une des principales qu'ils mettent seule vers le jour ; et, ombrageant les autres, ne les font parottre qu'en tant qu'on les peut voir en la regardant; ainsi, craignant de ne pouvoir mettre en mon discours tout ce que j'avois en la pensée, j'entrepris seulement d'y exposer bien amplement ce que je concevois de la lumière ; puis, à son occasion, d'y ajouter quelque chose du soleil et des étoiles fixes, à cause qu'elle en procède presque tonte : des cieux, à cause qu'ils la transmettent ; des planètes, des comètes et de la terre, à cause qu'elles la font réfléchir; et en par-