‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 4)Chapitre 70 sur 342 · OUI BIEN · texte numérisé non relu

OUI BIEN

vou$ : c'esl trés-mal parler. 11 faut dire : y ai oublié de faire cela; y ai oublié que fêlais engagé; y ai oublié ce que je vaut avais promis; je ne vous oublierai pas. Ceux qui savent hien la langue parient de la sorte.» {Rem. nouv. sur la long, franc, y p. 32.)

« Les livres sont plains de pareils exemples, et je n'ai trouvé que deux bons auteurs qui parlent d'une autre manière :

« Le Seigneur a juré, et il ne peut s^oublier du serment qu'il a fait à nostre père Abraham, de donner ce puissant médiateur de nostre salut.

Quiconque s'oubliera du respect qu'il doit à ceux dont il a receû la \ie, jusqu'à les maltraiter de paroles, sera puni do Dieu. > {Ibid.^ P*^*)

— s'oublier soi-même, perdre le souvenir de soi-même :

Absorbé tout en toy par un parfait amour,

Je m'oublirag moy-mesme et fuiray tout le reste. {ImiL^ iv, 13.)

OUI BIEN, pour oui certes :

pHTLis. Si vous nommez ma flamme un bien commun à tous,

Je n'aime, pour le moins, personne plus que vous ;

Cela doit vous suffire.

CLÉANORB. Oui bien, à des volages

Qui peuvent en un jour adorer cent visages ;

Mais ceux dont un objet possède tous les soins,

Se donnant tout entiers, n'en méritent pas moins. (La PI. lloy., ii, 7.) D. ISABELLE. Ainsî douc vous me faites connoltre

Que ce que je l'ai fait il est digne de l'être,

Que je puis suppléer l'obscurité du sang?

n. MANRiQ. Oui bien pour l'élever jusques à notre rang.

Jamais un souverain ne doit compte à personne

Des dignités qu'il fait, et des grandeurs qu'il donne ;

S'il est d'un sort indigne ou l'auteur ou l'appui.

Comme il le fait lui seul, la honte est toute à lui.

Mais disposer d'un sang que j'ai reçu sans tache !

Avant que le souiller il faut qu'on me l'arrache ;

J'en dois compte aux aïeux dont il est hérité,

A toute leur famille, à la postérité. [D. Sanche, m, 4.)

Cette forme était très-fréquente dans Tancienne langue pour signifier oui certes^ à la vérité^ et quelquefois pour signifier mais bien :

Ses mœurs semblent à la vérité n'avoir aucun juste reproche : ouy bien aucunes de ses actions particulières, rares et extra-ordinaires. (Montaio., £<«., ii, 36.)— Je scay qu'il y a plusieurs qui diront que je fais beaucoup de petits fats contes dont je m'en passerois bien ; ouy bien \)Our aucuns, mais non pour moy,me contentant de m'en renouveler la souvenance et en tirer autant déplaisir. (Brant., Les grands Capii. franc,, Moutluc.) — Celte année passée en diverses menées vint à esclore la guerre du prince de Condé qui, ayant choisy Aubigné pour son mareschal de camp, luy envoya les despesches ; mais luy ne les voulut pas recevoir de sa main, ouy OUn des Eglises assemblées a Nismes. (D'Aubig., Uém,, 1610.) — Le troisième fils, nommé Georges African, destiné pour être d'Église, ne voulut prendre cette profession, oui bien celle de chevalier de Malte où il fui envoyé, el y ûl ses caravanes, voyages el courses. (Bassomp., Mém., l'* part.)

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