‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 4)Chapitre 78 sur 342 · PARAGRAPHE. - PARAVANT · texte numérisé non relu

PARAGRAPHE. - PARAVANT

PARAGRAPHE, un homme a paragraphe, un homme qui passe

sa vie sur les paragraphes des livres de droit :

Qu'un homme à paragraphe est an joli galand ! {Le BUnl,, i, 6.)

PARAITRE. SE FAIRE PARAITRE, se montrer, au sens propre :

Et qui, tout aussitôt que tu t'es fait paroUre,

Afin de te mieux voir s'est mis à la fenêtre. {^iLj i, 4.)

Toi, pense à te guérir, et crois que pour le mieux

Je ne veux pas montrer ce perfide à tes yeux :

Sans doute qu'aussitôt qu'il se feroil parotire

Ton sang rejaiiliroii au visage du traître. (CItl., ui, 1.)

Aussitôt que Lucrèce a pu le reconnottre,

Elle a voulu qu'exprès je me sois fait paroffre,

Pour voir si par hasard il ne me diroit rien. {Le Metu», iv, 7.)

— PARAITRE, en parlant de la voix :

Et que, pour donner lieu de parotire à sa voix,

De sa bizarre quinte il se fasse des lois, {Excuses à Ariste,)

PARANYMPHER avec un morceau de charbon, barbouiller, écrire avec un morceau de charbon l'éloge de :

Nous rimerons au cabaret,

En faveur du blanc, du clairet,

Où, quand nous aurons fait ripaille,

Notre main contre la muraille

Avec un morceau de charbon

Paranymphera le jambon. {Poés. div., à M, D. L. F.)

Plusieurs des dictionnaires courants donnent paranympher , dans le sens de louer, et paranymphe, dans le sens d'éloge.

PARAPHRASER de.., traduire de.., en paraphrasant :

Les pensées de la première des deux sont quelquefois trop spirituelles pour partir de personnes fort affligées ; mais outre que je n'ai fait que la paraphraser de l'espagnol, si nous ne nous permettions quelque chose de plus ingénieux que le cours ordinaire de la passion, nos poèmes ramperoient souvent. {Exam.duCid,)

— PARAPHRASER UN VISAGE, le déchiffrer :

J'épiois les occasions ;

J'épiloguois nos passions ;

Je paraphrasais un visage, (Pois, div,, à M. D. L. F.)

PARAVANT QUE, pour auparavant que :

Cette soif s'éteindra : ta prompte guérison Paravant qu'il soit peu t'en dira la raison.

{ClîLj v, 3, l'*' éd. jusqu'à 1644 ineius.)

Paravant que je commence riens, je veulx veoyr si je suis asMX suflisam pour

porter le fays. (Palsgrave, Lesclaire. de la long, franc,, p. 807.) *

PAREIL. — PARENTA6E. 407

On disait aussi paravantj adv., pour auparavant :

Et rengrégea son faict pins que paravant. ( J. Chart., Chron., c. 231.) — En ce temps, ou peu paravant. ( Oliv. db la Marchb, Além., i, 23.) — Troyes qui paravant se disoyt Dardane. (Palsoravb. Lesclaire, de la langue franc,, p. 802.) —Car paravant les gens vivoyent aux champs. (Id., ibid.) — ... Subjuguant toutes les nations qui paravant. ne recognoiisoyent point les Romains à seigneurs. (AiiTOT, fies, J. Csesar.) — En requérant et priant son ennemy de lui saulver la vie, il soubsmettoit le cœur et le corps à celuy qui paravant n'avoit que le corps en sa puissance. (Id., ibid,, Compar. de Sert, avec Eum.)

PAREIL. A LA PAREILLE, dans le sens de, par un juste retour :

Qui connoissoit Othon ponvoit à la pareille

M'en donner en amie un avis à l'oreille. [Oth.j iv, 4.)

— PAREIL, substantiv. mes pareils, pour signifier ceux qui sentent comme moi :

Sur mes pareils, Néarque, un bel œil est bien fort. {Pol., i, 1.)

L'expression mes pareils a été critiquée à tort par Voltaire.

Corneille emploie encore cette locution pour dire ceux de mon caractère, de ma qualité :

Mes pareils à deux fois ne se font pas connottre. {Le Cid, i, 2.)

PARENTAGE, parenté :

Là, j'ai su qu'à seize ans son généreux courage

S'indigna des emplois de ce faux parentage. (0. Sanche, v, 8.)

Ce mot est .ancien dans la langue > dans le sens de parenté, extraction, noblesse :

n est moult gentilhomme et je suis ung povre chevalier de bas parentage. (Lamcelot du Lac, t. ii, fol. 63, r*, col. 1.)

Des que tu fuz par ton bault parentage Fort jeune d'ans an temple présentée Tu cognoissois de vertu le plantage.

(JEHAïf MoLiNET, Les Faictx et dictz, éd. 1531, fol. 2, r*.) Marye toy an gre de ton illustre parentage pour avoir confort et support et tu parviendras à bon port. (Id., ibid., éd. 1540, fol. 267, v«.)

On trouve, dans le Dictionnaire de Cotgrave, parentage cfhanetons , pour désigner une liaison formée par l'habitude d*un commerce déshonnéte.

Parentage f pourparenté, se lit encore chez le poète le plus correet et le plus pur du commencement du dix-septième siècle :

Si nommer en son parentage Une longue suite d'aïeux,

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