PALIR. — PARADE
PALIR, suivi d'un régime :
Vous eusiiei vu leurs yeux s'enflammer de fureur,
Et dans un même instant, par un effet contraire»
Leur front pâtir cfborreur et rougir de colère. [Cinna, i, 3.)
Environ une quinzaine d'années auparavant on avait dit :
Inimitable chant, admirable sonneur^
Qui tonnant nous étonne, et parlant nous fait taire,
Nous fait rougir de honte et pâlir de colère.
(ÂiiNB DB RoHAN, Soimei, en tôle de la 2* éd. des Trag, de D'Aubig.)
PAHER^ verbe neutre :
Je n'en puis plus, je pâme. {Mél.^ iv, 3.)
Il pUit, il frémit, il tremble, il tombe, il pâme, (Thiod., y, 8.)
Corneille dit habituellement pâmer ^ comme dans le Cid, dans Horace; mais il dit aussi se pâmer, forme plus ancienne et qui se trouve seule, par exemple, dans la Chanson de Roland, de Théroulde, dans Floire et Blanceflor, etc.
Pâmer commençait à être d'un usage plus rare au dix-huitième siècle. Aussi Voltaire, à propos de ce vers fameux du Cid (IV, 5) :
Sire, on pâme de joie ainsi que de tristesse, a-t-il fait cette critique :
« On ne dit pas pàmer^ évanouiTf mais se pâmer, s'évanouir. >
La dernière édition du Dict, de l'Acad,, comme les précédentes, donne également ;)dmer et se pâmer.
PANNEAU, fig. ÊTRE DANS LE PANNEAU , s*étre laissé prendre à un piège; tomber dans le panneau, s'y laisser prendre :
Quoique bien averti, }'éiois dans le panneau^ ooRAiCTB.Va, n'appréhende pas d'y tomber de nouveau. {Le Meut., ii, 6.)
PAR, rég. indir. d'un verbe pronominal :
Dans le Menteur, tout l'intervalle du troisième au quatrième (acte) vraisemblablement «e coiuume à dormir par tous les acteurs. {Trois. Disc.)
PARADE, mettre un sentiment en parade, comme en faire parade, mettre la douleur en parade :
Faire la curieuse et la désespérée, Paroltre avec éclat mère dénaturée.
Sortir hors de vous-même, et montrer à grand bruit . A quelle extrémité mon amour vous réduit,
C'est meure avec trop d'art la douleur en parade. {Perth., m, 3.)