PEINE
malheureuse, ne déparerait aucun des chefs-d'œuvre de Corneille.
PEINE, dans un sens énergique qu'il n*a plus guère aujourdliui:
Je verr&i mon amant, mon plus unique bien,
Mourir poor son pays, ou détniire le mien,
Et cet objet d'amour devenir pour ma peine
Digne de mes soupirs, ou digne de ma haine. iHor,^ i, 3.)
— FAIRE DE LA PEINE A QUELQU'UN, lui SUSCÎter dcS difficultés,
des embarras :
On m'a dit qu'U y a un certain M. Nicolas, qui est procureur du roi de la com- ■âiiioii, qui fait tout. U vaudroit mieux lui donner double taxe et qu'il ne nous lï f9bu de peine, {JLett. à Jaeq, Goiifon.)
— PEINE, difficulté, dans un autre sens; telle chose me fait PEiNR A COMPRENDRE, pour signifier j'ai peine à la comprendre :
Ta libéralité me fait peine à cimprendre.
Tu parles de donner, quand m ne fais que rendre. {Uirael., i, 3..}
— PAIRE PEINE A, cucorc avcc uu nom de chose pour sujet, permettre difficilement de :
Mais dessus ce vieillard plus je porte les yeux, Plus je crois l'avoir vu jadis en d'autres lieux. Ses rides me fom peine à le bien reconnottre. (ÛEd., m, 4.)
•* COURIR A SA PEINE, comme on dit courir à son malheur^ courir
Qui se venge à demi court lui-même à sa peine. {Rodog., v, 1.)
■^ A PEINE, avec peine, péniblement :
La victoire entre eux deux n'étoit pas incertaine,
L'Albain percé de coups ne se tratnoit qu'à peine^
Et comme une victime aux marches de l'autel
Il sembloit présenter sa gorge an coup mortel. {Hor., iv, 2.)
^ NOUS SERONS A PEINE A , uous aurous peine à nous trouver à:
Ma sœur, l'heure s'avance, et noue serons à peine,
^i nous ne retournons, au lever de la reine. {Clit., i, 9.)
^ A GRAND*PEiNE, employé d'une manière elliptique :
Hélas^ qu'avex-vous fait de cette amour parfaite Que vous me souhaitiez et que je vous souhaite? S'il vous en reste encor, n'éles-vous point jaloux Qu'A gran^peine chrétien j'en montre plus que vous? (PoL^ ii, 6.)