‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 4)Chapitre 96 sur 342 · PERIODE. — PERIR · texte numérisé non relu

PERIODE. — PERIR

— A SES PÉRILS, AUX PERILS DE, comme OD dit, à ses risques et fjéiHls^ aux risques et périls de :

Contente à tes périU ton curieux désir. (Jlé/., v, 1.)

Chacun à ses périls peut suivre sa fortune. {Penh., lu, 2.)

Et doutant s'ils rendront se faire à l'esclavage.

Aux périls de Sylla vous tâtez leur courage. {SerL^ ni, 1.)

La forme de Corneille est incomparablement meilleure pour la concision et la rapidité.

On a dit comme le grand poëte , et probablement à son imitation :

Laissant à ses périls l'oisif physicien

Se fatiguer l'esprit d'un frivole entretien,

Libre d'un tel souci, le laboureur plus sage

Du fleuve répandu goûte en paix l'avantage. (Sênbcr, Satires^ LeNouvell.)

Seulement en ce point politique savant,

Qu'il réduit ses amis à se paître de vent,

Et Nourrissant d'espoir leur attente trompée,

Maintient à leurs périls sa grandeur usurpée. (Id., ibid.)

PERIODE, subst. masc, point le plus élevé, apogée :

Puisque les sciences et les arts ne sont jamais à leur période, il m'est permis de croire qu'ils n'ont pas tout su. {Mél., préf.)

PÉRIR, en parlant du sang :

Je conserve ce sang qu'elle veut voir périr. [Cinnat m, 1.)

« Périr un sang est un barbarisme, » au jugement de Voltaire, ^'est au moins une manière de parler très-singulière.

— PÉRIR, avec un nom de chose, être périssable :

J'ai de l'ambition, mais plus noble et plus belle,

Cette grandeur périt, j'en veux une immortelle. [Pol., iv, 3.)

-^ PÉRIR, conjugué avec être, en parlant d'im être animé :

Et ce cheval ailé fût péri mille fois

Avant que de voler sous un indigne poids. {Androm,, m, 4.)

Por Deu ! gardez-la moi, qu'ele ne soit périt.

(J. BooBL, La Chans, des Sax., 7* éd.)

^^fiareni tous ceulx qui estoient dedens noiez et péris. (J. d'Arras, Mélus., éd.

i^nmet, p. 130.) — Cbascun plaignoit la noble chevalerie, qui estoit comme la

fleur de France, qui perie y estoit. {Le Liv. des faicts du maresc, de Boucicaut, i, 37.)

Trestout le bestail est pery

Cest yver par la grant froidure. {La Farce de maistre Pathelin, se. ii.)

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