CANAL. — CAPITAL
Il est ta garde en tes alarmes, Il le guide et protège en la calamité. (Trad, du Pt, «îXXi.)
On a dit de môme avant Corneille :
Prenant compassion de sa calamité. {LetU miss, de Henri IV, t. iv, p. 326. 1595.)
CANAL, fig., pour désigner l'ouverture d'une plaie :
Blessures, hâtez-vous d'élargir vos canaux.
Par où mon sang emporte et ma vie et mes maux. (CHt., h ^0
Et ces canaux ouverts sont autant de fontaines
Par où l'âme et le sang se pressent de sortir. (itt.,v, ^')
CANTON, pays, lieu :
Et le père d'Orphise, Cette rare beauté qu'en ces lieux même on prise, Vous connoissez le nom de cet objet charmant, Qui fait de ces cantons le plus digne ornement? {Le Ment,, v, !•)
Quitte pour lui le monde, et laisse aux criminelles
Ce triste canton des rebelles.
Et tu rencontreras le repos sous ses lois. (Imit., u. IJ
CANTONNER (se), se révolter en se retranchant dans un camp à part, ou seulement se révolter :
De cet hymen, dit-on, les nœuds si désirés ^
Serviront de prétexte à mille conjurés.
Ils pourront soulever jusqu'à son propre frère.
U se voulut jadis cantonner contre un père. {Tiie et lier. , iv, 1)
On trouve des exemples de se cantonner^ pour «e réwflter, «« mutiner, au fig. comme au propre :
Vous ne sauriez croire combien elle étoit aimée dans cette cour. La plupart de« gens avoient résolu do se cantonner y à moins que Cythèrée ne la tlraitât mien^' (La Font., Amours de Psyché, u.)
CAPABLE DE , susceptible de, sujet à, avec un nom de personne :
ils tombent dans l'infèlicité par cette foiblesse humaine é»nt noss sobhdc^ capables comme eux. iPeux. Disc.)
— Avec un nom de chose, susceptible de :
Pour l'ordre de la pièce, je ne l'ai mis ni dans la sévérité des règles, ni dans l» liberté, qui n'est que trop ordinaire sur le théâtre français ; l'une est tropr*re' ment capable de beaux effets, et on les trouve à trop bon marché dans l'aotrei qui prend quelquefois tout un siècle pour la durée de son action, et toute la ler^* habitable pour le lieu de la scène. {La Veuve, au lecteur.)
CAPITAL. FAIRE SON CAPITAL DE. Emploi assez singulier:
Quoi, votre amour toujours fera son capital
Des attraits de Plauiine et du nœud conjugal? [Oth., «>*•'
CAPMCE. — CAPTIVITÉ. 107
^RICE. METTRE DANS SON CAPRICE QUE, mettre dans son igination, dans sa tête que, se figurer que :
Pour moi, j'écoutois tout, et mis dans mon caprice
Qu'on ne devinoit rien que par votre artifice. {La Suite du Ment., i, 1.}
-CAPRICE, avec le pluriel, pièce fondée sur le caprice de
agination :
nt cela cousu ensemble fait une comédie dont l'action n'a pour durée que de sa représentation, mais sur quoi il ne seroit pas sûr de prendre exemple. ^priées de cette nature ne se hasardent qu'une fois; et quand l'original t passé pour merveilleux, la copte n'en peut jamais rien valoir. {Exam. de
r. eom.)
iPRICIEUX, avec un nom de chose, de fantaisie, bizarre .
90 eo nomme i invention bizarre et extravagante tant qu'on voudra, elle est lie; et souvent la grâce de la nouveauté, parmi nos François, n'est pas un iegré de bonté. Son succès ne m'a point fait de honte sur le théâtre, et lire que la représentation de cette pièce capricieuse ne vous a point déplu, le vous m'avez commandé de vous en adresser l'épître quand elle iroit i presse. [Villus, com., Ép.)
emploi est rare; cependant on rencontre des emplois anas jusqu'à nos jours:
Mais dans ce rude paysage
Où tout est capricieux,
Et d'une beauté sauvage
Rien ne rappelle à mes yeux
Les bords que mon fleuve arrose. (Fén., Ode iv.)
npricieux costume andaiou qui lui sied à merveille. (Th. Gaut., Monit., Jmbre.)
TIF, adj. et fig.. voeux captifs .
Mais que servent pour moi tous ces préparatifs,
Simon coeur est esclave, et tous ses vœux captifs? {Sur,, i, 1.)
TTVER, au sens propre, rendre captif, prisonnier :
Cessez, indignes fers, de captiver un roi.
Est-ce à vous à presser les bras d'un tel monarque? {Méd., iv, 5.)
Cet humble adorateur se déclare mon maître !
Et déjà son amour, lassé de ma rigueur,
Captive ma personne au défaut de mon cœur! (Rac, Alex», m, 1.)
HVITÉ, au fig., avec le pluriel :
Et quelque effort qu'on fasse à rompre ces beaux nœuds,
D'un amour si parfait les chaînes sont si belles.
Que nos captivités doivent être éternelles. (HéracL, i, 4.)
ilieu de tant de captivités, les hommes du siècle s'estiment libres. (Boss., our la vêt. dune postul. Bern.j m.) — Le ttfut est de savoir s'abandonner
108 CARACOLE. — CASSBR.
à Dieu en pure foi, et s'élever au-dessus des captivité» où il permet 91 soyons à l'extérieur. (Boss., Le«., à U sœur Cornuau, 10 mars 1687.)— ( qu'il faut entendre les faiblesses, les blessures, les captivités de notre vaincue. (Id., 4« Serm. pour la Cire. y 11.) — La matière ne manquera] patience. La nature a assez d'infirmités» le monde assez d'injustices, ses assez d'épines, ses faveurs assez d'inconstances, ses rebuts assez d'aine ses engagements les plus agréables assez de captivités, (Id., V^ S&rm. Quinquag.f 11.)
On a, de nos jours, également employé captivité avec l riel, au sens propre :
Dans ses captivités, il lisait Tacite. (Y. Hugo., Litt, et Philos,, sm
CARACOLE, avec le masc. faire un caracole :
£n même temps Persée revole en baut sur son cheval ailé, et après a un caracole admirable au milieu de l'air, il tire du même côté qu'on a vi raître la princesse. {Androm., m, 3.)
Et nos jeunes galefretiers
Ont-ils apprêté leurs coursiers,
Pour montrer par maint caracole
Qu'ils sont sortis de bonne école. (Scar., Virg, «rai
Parfois dans quelque caracole,
Souvent contre votre parole.
Et toujours contre nos desseins,
Nous en sommes venus aux mains. [Courr, burl, de la Guer» û
CARESSE, fig., avec le plur., faveurs:
Le ciel, qui se repent sitôt de ses caresses.
Verra plus de constance en moi qu'en ses promesses. (4ndro»
Est-ce ainsi qu'à nos maux le ciel trouve une fin?
Est-ce ainsi qu'Andromède en reçoit les caresses, {Ibid,
CARFOUR, par licence, pour carrefour.
Théante approche- t-il?
CLBON. 11 est en ce carfour. {La Sm
CARREAU. LES CARREAUX EMBRASÉS, pour désigner la f(
Que fais-tu du tonnerre, Ciel, si tu daignes voir ce qu'on fait sur la terre, Et pour qui gardes-tu tes carreaux embrasés^ Si de pareils tyrans n'en sont point écrasés? (Sa
CASAQUE, fig., pour signifier la personne même :
Je n'aurais besoin que du texte de votre libelle, et des contradictioni rencontrent, pour vous convaincre de l'un et de l'autre de ces défauts, « mer sur votre casaque le quatrain oulrageux que vous avez voulu atta mienne. {Leii, apoloy,)
CASSER, n'en CASSER que d'une dent :
Vous n'en casserez, ma foi, que d'une dent. (U Menl