COMBLE. — COMMANDER
OMBLE, subst., au fig. :
Indiscrète vengeance, imprudentes chaleurs,
Dont l'impuissance ajoute un comble à mes malheurs.
{La Gai, du Pal,, v, 1.) Ce jour est donc pour moi le grand jour des malheurs, Puisque vous apportez un comble à mes douleurs. [OEd., v, 4.)
nne trouve qu'assez rarement comble employé avec un :
r là Dous nous privons d'un comble infini de mérites et de trésors célestes , loas pourrions amasser en cette vie, et que nous retrouverions dans l'éter- (BoDRD., Serm. pour le b*dim, de la Pentec, 1.)
)rneille offre encore des emplois remarquables du mot comble iguré :
Dieux! ce comble manquoit à mon affliction. {La Veuve, iv, 3.)
Rome a reçu des rois ses murs et sa naissance ; Elle tient des consuls sa gloire et sa ^puissance, Et reçoit maintenant de vos rares bontés
Le comble souverain de ses prospérités. {Cinna., ii, 1.)
Dieux, quel comble d'ennuis! {Ibid., v, 1.)
Allons, amis, allons dans ce comble de joie
Rendre grâces au ciel de l'heur qu'il nous envoie. [Androm,, iv, 6.)
Quoi, des ambassadeurs que Bérénice envoie. Viennent ici, dis-tu, me témoigner sa joie, M'apporter son hommage et me féliciter Sur ce comble de gloire où je viens de monter? {Tïleet Bér,, ii, 1 .)
IMBLER, remplir jusqu'au comble :
Je n'appelle plus Rome un enclos de murailles.
Que ses proscriptions comblent de funérailles. [Sert., m, ] .)
COMBLE. AVOIR l'aME TOUTE COMBLEE DE QUELQUE CHOSE, eu
•l'âme toute comblée de joie :
Ce bonhomme en paroit tâme toute comblée. {D, Sanche, v, 6.)
IHMANDEMENT. avoir dix langues a son commandement, arler avec facilité :
c. Vous savez donc l'hébreu !
TE. L'hébreu? parfaitement.
fai dix langues, Cliton, à mon commandement, {Le Ment,, iv, 3.)
)MMANDER quelqu'un, comme commander à quelqu'un :
Ce titre en eux me choque, et je ne sais pourquoi
Un roi que je commande ose se nommer roi. {Attila, i, 1.)
Chétif! trouve à ta honte un barathte plus bas;
N'accepte, désormais, que le titre d'esclave,
Puisqu'un entrepreneur te commande^ te brave,
Te prescrit une paix selon sa volonté. (Hardt, Alcesu.)
COMME, pour que^ dans une phrase comparative :
Vos vœux si mal reçus de l'ingrate Dorise,
Qui ridolâtre autant cofnme elle vous méprise, -,
Ne rencontreront plus aucun empêchement. (C&7., i, &)
Je vois d'un œil égal croître le nom d'autrui.
Et tâche à m'élever aussi haut comme lui. {La Sut»., t^)
Impudente, effrontée, autant comme traîtresse. [La PL Itoy., ly,?^)
Qu'il fasse autant pour soi comme je fais pour lui. (Po/., m, êJj
Autant comme la sœur, le frère le souhaite. HbH)
Vous en prendrez autant comme vous en verrez. (Suite du Ment., i,0^)
Merveille qui m'as enchanté,
Portrait à qui je rends les armes,
As-tu hien autant de honte
Comme tu me fais voir de charmes? (/6t(i.,in,i)
Je Tentreprends pour vous, et vous répondrai hien
Qu'elle aimera ce gage autant comme le sien. (Ibid,, iUt3*)
Quand il vous préviendra, vous pouvez le défendre
Aussi hien contre lui comme contre Cléandre. (/^., iv, U
Je dois autant à l'un comme l'autre me doit. (M) ^
LISE. En tiens-tu donc pour moi?
cLiTON. J'en tiens, je le confesse.
LISE. Autant comme ton maître en tient pour ma maîtresse. {lbid.t t, 1.)
Et toi que me veux-tu, Ridicule retour d'une sotte vertu,
Tendresse dangereuse autant comme importune? {Bodog., v, 1.)
Tous les rois ne sont rois qu'autant comme il vous platt. (/Vtcom.,iu,i)
La prononciation de ces deux lettres ne peut être douteuse dans lis ioprtf-
sions où l'on garde le même ordre comme dans celle-ci. {Préf. de: LeThéât.^
P. Corn., édit. de 1682.)
Cet emploi ancien s*est très-longtemps soutenu :
Nostre Seigneur mesme Jesuchrist, tant comme il fut en ce monde, ne fut pas sans peine et douleur une seule heure. [Intern. ConsoL, i, 12.) — Etjevous(l^ mande, sire, fait-elle, si les femmes de tel et de tel, qui me cuidèrent bien avoir, sont en tel estât comme je suy. [Les quinze Joyes du mariage.) Et nos chevaux en plorant je deslie En leur disant : Ainsi comme je pense Que vostre maistre, au loin de ma présence, S'en va errant par le monde en esmoi, C'est hien raison que, comme luy et moi, Alliez seulets par hois, plaine et campaigne.
(Cl. Mar., Epist,, Maguel. à Pierre de Pro¥.,15n) Représentez-vous de belles colombes aux rayons du soleil, vous les verrei varier en autant de couleurs comme vous diversifierez le biais duquel vous 1^ regarderez. fS. Franc, de Sal., Traité de Vam. de Dieu, préf.) Si j'avois enduré pour mon Dieu tant de peines Comme j'ai pour l'amour souffert, mal avisé. Étant aussi sorti des misères humaines.
Sans doute je serois ores canonisé. (Flamin. db Bibagob, Ç'""^*'
Sans mettre en compte ses autres actions, aussi infinies comme elles sont infiniment glorieuses. (Malh., Leu.f à la princ. de Conti, 39 mars 1614.)— Le verre n'est point si fragile comme ce qu'il y a de plus ferme en la prospérité des hommes. (!Ld., ibid., à la marq. de Montlort.j —Que si vous craignez les hivers de septentrion, dites-moi quelles ombres, quel éventail, quelles fontaines vous pourraient si bien préserver à Rome des inconvénients de la chaleur, comme un poêle et un grand feu vous exempteront ici d'avoir froid. (Desc, LeiL^ à Balzac, 15 mat 1631» ifitt. en, 1. 1.) — Cela n'est pas tant avoir retranché mes desseins, comme les avoir «devez. (Voit., Leu. vu.) —Jamais il n'y eut ardeur pareille à la sienne, je ne Hit pas tant à servir ses parties comme à les voler. (Furkt., Le Rom. bourg,) — S'il nous était aussi aisé d'inspirer aux hommes la haine de leurs péchés, comme il BOUS est aisé de leur faire voir que le péché esi le plus grand de tous les nui, nous ne nous plaindrions pas si souvent qu'on résiste à notre parole , et Doos aurions la consolation de voir nos discours suivis de conversions signalées. (Bess., Serm, .pour le 3' dim. de VAv.^ i.) — Je crois, monseigneur, qu'il faisoit boo vous voir tenant votre gravité au milieu de ce cortège de demi-dieux cham-
ÉiiB pètres et de nymphes aquatiques, principalement si ces dernières étoient aussi Bégligées comme on les peint d'ordinaire. (Hamilt., Le//., à Monseign.) — Je sais
^m iQssi bien compatir à la petite vanité des jeunes gens , comme je sais admirer la nodestie de votre sœur. (Racine, Le//., à son fils.)— Rien n'avilit tant notre caneière dans le monde comme la facilité à nous y montrer. (Mass., Coufér,^ Condoite des clercs dans le monde, 2' réflex.) — Ils s'imaginent qu'il en doit être de nSme de l'extérieur de la religion chrétienne comme de ses dogmes. (Brubys, fwii de la messe, u. ) — Menant une vie si pure et si innocente comme vous h\\u ici. (M^e DE Maint., Entret. sur Véduc^ 1706.) — Prêter ces livres à des per-
lië^K ^^^^ ^^^^ ^^ lecture de ces livres peut corrompre le cœur et l'esprit; c'est un (rime qui surpasse celui d'un empoisonneur, autant comme l'âme surpasse le eorps. (PoTHiER., Prêt à usage, ii, 16.)
Le célèbre jurisconsulte se sert plusieurs fois de cette locution. — Corneille, dans les phrases comparatives, n'emploie pas utt toujours comme pour que; ainsi il dit :
£t comme j'aurai lors sa vie entre mes mains,
Il a lieu de me craindre amant que je vous plains. {Auiia, u, 6.)
Votre belle âme est haute autant que malheureuse,
e, vi M&is elle est inhumaine uuiani que généreuse. {Pol , iv, 6.)
itje^l Son courage m'étonne au/ai// que leur audace. [Pomp., iv, 5.)
^^\ Le sort vous est propice autant qu'il m'est contraire. [Cin,, v, 3.)
^ COMME, comment :
^ourSénèque, il y a quelque apparence qu'il ne lui fait pas prendre ces réso- '^tioQs violentes en présence du choeur, qui n'est pas toujours sur le théâtre, et '^y parle jamais aux autres acteurs ; mais je ne puis comprendre comme, dans Jj,** ^alriéme acte, il lui fait achever les enchantements en place publique. ^^^.deMédée.)
"** COMME, pour comment y avec interrogation :
Comme a-t-elle reçu les offres de ma flamme? {Pomp., iv, 3 )
Mais tant de beaux objets tous les jours s'augmentant Puisqu'on âge si bas leur nombre vous étonne, Comme y fournirez-vous quand il aura vingt ans?
(Malh., Sonn. à W. le ducd'Orl.)
icfliL
Comme les personnes qui vivent aux villages ne seraient-elles poin de semblables épouvantes , vu que dans les meilleures villes , ÔA 1' tant de simplicité , il s'en trouve beaucoup qui ne sont plus assuré Rem, iur le l*" liv. du Berg, extravag.)
— COMME, d'autant que :
Et, comme k l'échauffer j'appliquerai mes soins....
Mon entreprise est sûre et sa perte infaillible. [Pfk
« Cette phrase et ce tour qui commencent par commet taire, sont familiers à Corneille. Il n'y en a aucun exem Racine. Ce tour est un peu trop prosaïque. Il réussit c fois; mais il ne faut pas en faire un trop fréquent usage.
Sur une phrase semblable :
Comme l'attention seule en forme le prix, etc. [Le M
le commentateur répète la même observation : « Ces tations, dont les phrases commencent presque toujo comm€y et dont Fauteur a rempli ses tragédies, sont un habitudes qu'il avait prises en écrivant; c'est la mai peintre. »
Corneille, entre autres exemples analogues, présenti celui-ci :
Comme notre héros se voit prés d'achever,
C'est peu pour lui de vaincre, il faut encor'braver. {Hi
De même que Voltaire, La Harpe, dans son Lycée, cette construction, et la trouve « peu faite pour là vivac récit. »
— COMME, elliptique, devant un adjectif ou une pj proposition, équivalant à étant :
C'est à moi qu'appartient l'honneur de ce message.
Mon secours sans cela, comme de nul effet,
Ne vous auroit rendu qu'un service imparfait. {La Yeb
Vous sortez du baptême, et ce qui vous anime
C'est la grâce qu'en vous n'affoiblit aucun crime ;
Comme encor tout entière elle agit pleinement,
Et tout semble possible à son feu véhément. {/*<
— COMME, avec inversion :
Comme de la justice, il a de la bonté. [Pm
— COMME QUOI, avec interrogation, comment?
TRÉANTE. Il a VU....
DAMON. Qui?
COBIMENCER. — COMMUN. <29
fn. Daphnis, et n'en al remporté
Que ce qu'elle devoit à sa témérité.
R. Comme quoi?
NTB. Des mépris, des rigueurs sans pareilles. {La Suivi, ii, 9.)
OMHËNCER (se), pour commencer :
[afin, elle n'a presque point de son, et ne fait qu'allonger tant soit peu la be, quand le mot qui suit $e commence par une consonne. {Préf, de : Le Th. . Corn., édit. de 1682.)
n trouve 5e commencer^ pour commencer y dans d'autres signi-
lions :
les se commencèrent à deviser entre elles de la bonne chiére qu'elles avoient ) le soir précèdent. {Les Êvang, des Quenouilles, éd. Jann., p. 71.)
oir les développements donnés à Farticle S'APPRENDRE. lOMMETTRE, confier, commettre son sokt a quelqu'un :
Tu m*as commis ton sort, je t'en rendrai bon compte. {Hor,, ii, 5.)