‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 5)Chapitre 169 sur 375 · DÉPLORÉ. — DEPUIS · texte numérisé non relu

DÉPLORÉ. — DEPUIS

Prêt à suivre partout le déplorable Oreste. (Hacine, Androm.j i, l.)

Il y a partout de quoi rire etMe quoi pleurer. Le monde est ridicule et j'en ris. Il est déplorable, et vous en pleurez. (Fbn., Dial. des morts, i« 3.)

La dernière édition du Dictionnaire de r Académie a enregistré cette acception de déplorable avec cette .oh^erva,tioiï : « Il se dit quelquefois des personnes, en poésie et dans le stylç soutenu. »

Les grammairiens du dix-huitième siècle , se conformant aux décisions des premières éditions du Dictionnaire de l'Académie^ proscrivaient ce sens si naturel et si nécessaire par sa brève énergie.

<c Déplorable, dit l'abbé d'Olivet, est un mot qui ne s'applique qu'aux choses ; «t le Diciionnaire de V Académie en avertit expressément. Il y a cependant d'autres endroits où Racine l'applique à des personnes, et même dans ses dernières ^ tragédies. Qcmnd une fauté ne se trouve qu'une seule fois dans un auteur, il est naturel de la croire l'effet d'une simple inadvertance, qui ne prouve rien. Mais si l'expression est«épétée dans des ouvrages différents, et qui ont été faits à dix ou douze ans l'un de l'autre, cela prouve que c'était une expression avouée par l'auteur : et dés lors, quand il s'agit d'un auteur tel que Racine, il est toujours à propos d'observer ^elle^ .sojQ^t le^ manières de parler gui o/xtpu ne lui jpas déplaire, quoique l'usage ne les eût pas autorisées. » {Rem, sur Racine, xxxv.)

DÉPLORÉ, déplorable, sort déploré :

Je vous aurois peut-être alors considéré

Plus que ne m'a permis un sort si déploré, (D. Sanche, m, 1.)

Votre sort est fâcheux, mais non pas déploré,

Puisque vous rencontrez un asile assuré. (T. Cor.««., te Berg. extr. , m, 4.)

— PÉCHEUR DÉPLORÉ , commc péchcur désespéré :

Ces méchants endurcis, ces pécheurs déplorés, {Imit,, iv, 8.)

DÉPLORER, avec un nom de personne, pleurer sur :

La gloire de ce choix leur est si précieuse

Et charme tellement leur âme ambitieuse,

Qu'alors qu'on les déplore ils s'estiment heureux

Et prennent pour affroAt la pitié qu'on a à'efjof,. {Uor., m, 2.)

DÉPOUILLER l'homme, se dépouiller des faiblesses de Thumanité :

Mais yai dépouillé C homme, et Dieu m'a s^pouru. [Théod,, v, 3.)

C'est une expression de la langjae ecclé§içistiq]tl^.

DEPUIS QUE, dès que, du moment que,. dès là que :

Mais un amant fâcheux, soit de jour, soit de nuit, Toujours à contre-temps à nos yeux se produit,

* Phèdre, II, 2, 67. — Athalie, 1, 1, 149.

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