‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 5)Chapitre 175 sur 375 · DESSEIN. - DESSOUS · texte numérisé non relu

DESSEIN. - DESSOUS

1 n'emploie guère aujourd'hui que le réfléchi; le neutre au- )is étsbiï au moins aussi fréquent :

ftls alla trouver le tribun en son lict, et luy mettant le cousteau à là gor^e i|arer qu'il désiueroii do la poursuite qu'il faisoit contre son p^re, aymaol & souffrir la rigueur de son père, que de le voir poursuivy de cela. (Charr., 19., iir, 14.) — La IVemblaye, à cause de Châteaufort, Châteaufort, à cause i Tremblaye, désisierom de la poursuite de ma ûlle. (Cyraho, Le Pêd. joui,

— Si c'est une entreprise où votre honneur soit engagé et dont dépende fortune, vous ne savez ce que c'est que d'en désister. ( Bourd. , Serm, pour

t-huiiïtme dim, après Im Penu^ 1.) — Son accusateur avait désisté de sa pour- , mais le peuple ne l'avait pas absous. (P. Catrou, Hisi.rom,, t. m, p. 449.)

- DESISTER DE , suivi d'un infinitif, comme cesser de :

Va-t'en donc, et désiste De plus m'offrir un aide à mériter Caliste. (C/ti., 1, 2.)

la entendu» plusieurs désistèrent de lui rompre plus la teste d'affaires , mais pas de lui faire honneur, (âmtot, fies, Lysander.)

ESSEIN. FAIRE DESSEIN DE, uu infinitif, se proposer de :

Il falloit me cacher avec quelque artifice

Que j'étois Pulchérie et fille de Maurice.

Si iafaisois dessein de m'éblouir les yeux

Jusqu'à prendre tes dons pour des dons précieux. [HéracL^ i, 2.)

ette locution est assez fréquente. On trouve de même, faire iesseins de :

vient me rapporter que vous avez de l'amour pour moi et que yous faites esseins de me solliciter. (Mol., Georg* Dûnd,, 11, 10.)

ESSERRER. desserrer des isoeuds , au fig. :

• Apprends de cet exemple à desserrer Us nœuds

Par qui l'affection, par qui le sang te lie. {Imit.y 11, 9.)

ESSOUS, employé comme préposition, pour sous :

Où suivre l'inhumaine, et dessous quels climats

Porter les châtiments de tant d'assassinats? {Méd., v, 8.)

Un jour, un jour viendra que par toute la terre

Rome se fera craindre à l'égal du tonnerre,

Et que, tout l'univers tremblant dessous ses lois,

Ce grand nom deviendra l'ambition des rois. [H or., 111, 5.)

Dessous cette Couleur il parle, il sollicite. {Suite du Ment.^ i, 3.)

Les sables et les bancs cachés dessous les eaux

Rendent l'accès mal sûr à de plus grands vaisseaux. {Pomp.^ n, 2.)

Et trouve occasion, dessous cette couleur.

De venger le mépris qu'on fait de sa valeur. (D. Sanehe, 11, 1.)

11 tient dessous ses pieds l'hérésie étouffée.

{Inscript, mises sous des estamp., iii. Laréduct. du Béarn.) Rome est deisous vos lois par le droit d« la guerre. (Cin., 11, 1.)

i92 DESSUS.

« Comme il faut des remarques grammaticales , surtout pour les étrangers , dit le commentateur, on est obligé d'avertir que dessous est adverbe, et n'est point préposition : « Ëst-il dessus? est-il dessous? il est sous vous; il est sous lui. » C'est encore une règle moderne, que Voltaire donne comme une règle constante de la langue :

Sur le midy prenions nostre repas

Dessoubz quelque arbre, où la chaleur haultaine

Ne nous nuysoit, près de quelque fontaine.

(Le seign. de Borderib, Le Disc, du voyage de ConstantinopU,) Aussi est-ce la créature La plus parfaite que nature

Forma jamais dessous les cieux. (Godard, Les Desguiseï, i, 2.)

Je n0 sçaurois faillir dessous votre conduite. (L. C. Discret, àHz., ii,d.} 0 sensible contrainte, ô rigoureux ennui, D'être obligé d'aimer dessous le nom d'autrui! (Rotr., VencesL, ii, 6.)

Voltaire lui-même a employé dessous comme une préposition :

Vous dormez dessous les courtines

Et des Grâces et des neuf Sœurs. {Éptt, à DesmahU.)

On trouve encore en vers , à la même époque , cet emploi chez des auteurs de mérites divers; ainsi, au septième chant de la Henriade travestie, où il est parlé des milliers de nouvellistes :

Déguenillés, mourant de faim.

De ces hâbleurs passant leur vie Dessous l'arbre de Cracovie.

DESSUS, employé comme préposition avec un régime :

Une amitié si longue est fort mal assurée

Dessus des fondements de si peu de durée. (MiL<, i, !•)

Peut-être qu'après tout ces croyances publiques

Ne sont qu'inventions de sages politiques

Pour contenir un peuple, ou bien pour l'émouvoir.

Et dessus sa foiblesse affermir leur pouvoir.

{PoL, iv, 6, P«éd. jusqu'en 1660 excl.) Et que tant de faveurs dessus lui répandues

Sur un indigne objet ne sont pas descendues. {Suite du Ment,t^i 3.)

Rodogune a paru sortant de sa prison,

Comme un soleil levant dessus notre horizon. (Aod., i ^•)

Ah! vous fûtes toujours Tillustre Pulchérie, La fille d'empereur dés le berceau nourrie ; Et ce grand nom sans peine a pu vous enseigner Comment dessus vous-même il vous falloit régner. ' {Hirael.f ui, 3.) Je m'en consolerai quand je verrai Phocas Croire affermir son sceptre en se coupant le bras,

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