DESTINER. — DÉSUNIR
Et contre les efforts d'un reste de mutins,
De toute sa valeur hâier nos bons destins, (D. Sanche^ i, 1.)
DESTINER POUR (un nom de pers.), comme destiner à :
Ne pense plus, ma fille, à ton ingrat Phinée.
C'est à ce grand héros que le sort t'a donnée,
C'est pour lui que le ciel te destine aujourd'hui. {Androm.^ m, 3.)
Et pour moi, que le ciel destinoit pour un roi
Digne de la Castille et digne encor de moi,
J'avois mis cette bague en des mains assez bonnes
Pour la rendre à don Sanche et joindre nos couronnes. (D. Sanche^ v,7.}
On trouve de même, avec un nom de chose :
On se néglige, on ne se croit pas destiné pour rien qui soit grand. (Boss., Abr, d'un serm. sur la nécess. de l'aum., i.)
— DESTINÉ POUR, suivi d'uu infinitif:
11 vous en plut, seigneur, réserver une fille,
Et résoudre dès lors qu'elle auroit pour époux
Ce prince destiné pour régner après vous. (Béracl., i, 1.)
Le même témoin assure qu'il avait ouï dire que l'armée destinée pour massacrer tous les protestants devait être de deux cent mille hommes au moins. (Arnauld, Apol, pour les cathoU d'Anglet., u.)
DÉSU DE (au), à Tinsu de :
Géron, qui depuis peu fait ici tant de tours.
Au désu d'un chacun a traité ces amours. {La Veuve, i, "4^)
Mais, dit la damoiselle, que doit-on juger d'une femme qui descouche quelquefois au desceu de son mary, comme elle fait? {Caq. de Vacc, 3« journ.) J'ayme à te regarder et d'estre tout un jour Mourant auprès de toy sans te parler d'amour. Si ce n'est que mes yeux, au desceu de mon ame, Fassent etinceler quelque rayon de flame.
(Théoph., Élég. Ne me fais point aymer avecques tant de peine.)
On trouve de même, avec le pron. possessif, au lieu de la préposition de :
Le cardinal Hazarin ne s'est point voulu souvenir des occasions esquelles il avoit esté assez maltraité par le cardinal Francesco , du temps qu'il négocioit à son desçu par ordre exprès du pape Urbain VIII. (Naudé, Le Mascurat, p. 492.) — Je portois un extrême regret, amy lecteur, premièrement de ce que ces mémoires ont esté imprimez à mon deceu et auparavant que je les eusse reveuz. (Boyv. nu ViLLARS, Mém,f au lecteur.)
DÉSUNIR, fig. DÉSUNIR l'amitié, faire éclater la désunion entre des amis, rompre Tamitié :
Le devoir désunit Camitié la plus forte. {Oth,, v, 1.)
L'entretien fait une partie considérable de la vie. C'est ce qui unit ou désunit les amitiés. (Nie, jEw., 6» vol., p. 206, éd. 1725.) — 11 désunit les amitiés les plus étroites. (Massill.)