‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 5)Chapitre 190 sur 375 · DIVULGUÉ. — DOMESTIQUE · texte numérisé non relu

DIVULGUÉ. — DOMESTIQUE

DIVORCE, fig. :

Il demeure à ces mots sans parole, sans force.

Tous ses sens dCavec lui font un sanglant divorce. {Alt., v, 6.)

— DIVORCE, au plur. , pour désigner 1rs querelles de deux peuples :

Us ont assez longtemps joui de nos divorces. {Hor., i, 4.)

« Ce mot de divorces, s'il ne signifiait que des querelles, serait impropre, dit justement Voltaire; mais ici il dénote les querelles de deux peuples unis; et par là il est juste, nouveau et excellent. »

DIVULGUÉ, répandu, publié :

Mes faits par la gazette en tous lieux divulgués. (Le Ment,y i, :).)

DOMESTIQUE, qui est de la maison de, qui est attaché ù un grand : *

Diodotus, domestique des rois précédents, s'empara du trône de Syrie. {Pr4f. de Rodog.)

« Domestique était le titre que prenaient alors tous ceux qui étaient attachés à des gens puissants. Pellisson nous parle de plusieurs académiciens domestiques du chancelier Séguier. [Hist. de VAcad., p. 155.) La Rochepot, cousin germain et ami intime de cet abbé de Gondi, qui avait à sa suite quatre chevaliers de Malte, était domestique du duc d'Orléans. Mém. de Aetz, t. i, p-. 21 . » ( F. GuizoT, Corneille et son temps^ ii.)

On a dit encore dans le même sens :

Comme j'avais toujours vécu avec mes domestiques comme avec mes frères, je ne m'étais pas seulement imaginé que je pusse trouver parmi eux que de la complaisance et de la douceur. (Retz , Mém., v, 1655.] — Boisguérin seul me coûta, en moins de quinze mois qu'il fut auprès moi, cinq mille huit cents livres d'argent déboursé et mis entre ses mains. Il n'en eût peut-être pas tant tiré, s'il eût été domestique de M. le cardinal Mazarin. (Id., ibid, ] — Ârnoul avoit été domestique, c'est-à-dire intendant des maisons royales du roi Thierry. (Mézer., Abr, de CHisi. de France, ann. 623.)— Cependant Valentinien, après avoir couru plusieurs dangers sur la mer, arriva sûr les côtes d'Orient : de là il envoya un de ses domesiiques à Théodose , pour lui donner avis de sa fuite et de Firruption de Maxime. (Fléch., Hist, de Théod., n»376.) —L'on assura, vers le commencement de juillet 1634, qu'on alloit délivrer incessamment de l'argent aux officiers qui dévoient faire des levées pour Tarmée du duc d'Orléans; de sorte que ses (tomestiques et ses créatures à qui il avoit promis de remploi alloient secrètement en France pour s'assurer du plus grand nombre de monde qu'il seroit possible. (Campion, Mém,, ann. 1634.) — (Sous Louis XIY) toutes les maisons des grands sont absorbées par la maison du roi, qui a toute la haute noblesse pour dometdque, dans l'ancienne acception du mot. (H. Martin, Hist. de France, lxxxi, 1.)

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