‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 5)Chapitre 192 sur 375 · DONNEUR. — DONT · texte numérisé non relu

DONNEUR. — DONT

1 a dit d*uue manière approchante, avec un rég. de pers. :

Oui , Nerva , je la donne, Sans rien examiner, au bien de ma couronne : Elle mourra! (Cyrano, Mon WÀgrippa, ii, 1.)

; d'une façon analogue, avec à suivi d'un infinitif:

craignent de s'estre mescontez en l'opinion qu'ils ont eue de vous, et d'avoir ! de leur réputation à faire valoir la vostre. (Théopu., Œuvr,, à Mgr. de L.)

- DONNER A [un subst.] , à [un infin.) , donner à.... le soin de :

Aime en tous lieux, perfide, et partage ton âme,

Choisis qui tu voudras pour maîtresse ou pour femme,

Donne à tes intérêts à ménager tes vœux ;

Mais ne crois plus tromper aucune de nous deux. (LUlus.^ m, 6.)

- DONNER, neut. DONNER jusqu'à, aller, pousser jusqu'à:

Donnons jusques au lieu, c'est trop d'amusement. {fUii., ii, 2.)

d'adventure vous estes à Boulogne, donnés jusques à Paris pour cet effect. miss, de Henri lY, U iv, p. 749, 23 avr. 1597.)

• EN DONNER , pour signifier mentir :

NTB. Et bien, l'occasion?

M. Elle fait le menteur, ainsi que le larron ,

Mais si j'en ai donné, c'est pour votre service. {Suite du Ment,, iv, 8.)

- IL NOUS EN A TROP DONNÉ, il nous a trop abusés :

Dorante avec chaleur fait le passionné :

Mais le fourbe qu'i/ est nous en a trop donné;

Et je ne suis pas fille à croire ses paroles. [Le Menu^ iv, 8.)

'ordinaire on dit en donner à quelqu'un; la variante de Corle est des plus naturelles et des plus heureuses.

- DONNER DES PLEURS, employé d'une manière assez singu- } pour signifier faire verser des pleurs :

Et ses trois frères morts par la main d'un époux

Lui donneront des pleurs bien plus justes qu'à vous. (Uor.^ iv, 3.)

ONNEUR DE BOURDES, celui qui est accoutumé à donner bourdes, qui aime à duper :

pelex-moi grand fourbe et grand donneur de bourdes. (Le Uent,, iii, 5.)

ONT, pour de qui, se rapportant à un nom de personne :

C'est elle dont\Q tiens cette haute espérance

Qui flatte mes désirs d'une illustre apparence. {Pomp,, iv, 3.)

Fau(-il que je vous obéisse, Moi, dont Galba prétend faire une impératrice? [Oih,, ii, 5.)

Je serois le premier dont on seroit jaloux. (JSert,, iv, 3.)

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