DONT
— DONT, pour par lequel :
Mon âme vit l'erreur dont elle étoit séduite. [Villas, com., i, 1.)
Ce favorable vœu dont elle t'a séduit. (Rodog-)
Voltaire voudrait /?ar lequel. Dont paraît remplacer avantageusement en poésie ce mot prosaïque ; et Tanalogie est parfaitement suivie, les poètes offrant mille exemples de de m, lieu de par,
— DONT quelqu'un, uu desquels :
Souffrez donc que pour lui je garde un peu d'estime.
La sienne dans la cour lui fait mille jaloux,
Dont quelqu'un a voulu le perdre auprès de vous. {Nicom,, m, 8.}
— DONT, pour d'où, en parlant d'origine :
Quand il falloil calmer toute une populace,
Le sénat n'épargnoit promesse ni menace,
Et rappeloit par là son escadron mutin
Et du mont Quirinal et du mont Aventin^
Dont il i'auroit vu faire une horrible descente,
S'il eût traité longtemps sa fureur d'impuissante. {Nicom»j t, i)
Adieu, mais quand l'orage éclatera sur vous,
Ne doutez point du bras dont partiront les coups. {PoLt v> ^')
Quoi qu'en disent les grammairiens et les dictionnaristes, dont s'est longtemps et très-bien employé pour d'où, au propre et au fig. :
Je scey bien dont ces paroles sont venues. [Les quinze Jo%es de mar.y vu.) n ne fault point avoir de seing
Dont leur peultcest argent venir. (Coquill., LetiVoKt;. Dr. De Statu homio) Mais tousjours maintient ses parolles
Qu'el(le) ne scet dont estes venu. [Farce de George le fea»-)
Frère Jean l'aperçut, et demandant dont lui venoit telle fascherie non accoutumée. (Rabbl., IV, IS.) — Dont cela soit procédé, je vous le diray au moins mal qu'il me sera possible. (Pasq., Bech. de la Fr., vu, 1.) — Maintenant il me suffit d'avoir discouru dont est prévenue la diversité qui se trouve en nostre langue entre le parler et Forthographe. (Id., ibid,. vni, 1.) — Or nous est le mot de huguenot tres-familier, et plus qu'il n'en estoit besoin; ettoutesfois peu de personnes se sont advisez dont il a pris son origine. (Id., ibid., viu, 55.) — Et (fon< procède ce mal? (H. Estienne, Apol. pour Hérod., dise, prél.)
Dont l'as-tu eue?
Gomment l'as-tu si bien cognue? (Grbvin, Les Esbahit^ ni, 3.) Dont je passay à Chasieaudun, et de là assiégeay Vendôme, qui a été pnns par force. [Lett. miss, de Henri IV,7 déc. 1589, t. ni, p. 98.)
Dont vient cela, Ronsard, que d'autant plus on chante L'amour, pour alléger ce tourment langoureux, D'autant plus se plaignant on devient amoureux, Et plus ce doux erreur à nos yeux se présente? (Ahadis Jamin, Sonn,} Retournez coucher dow/ vous venez. (Bodchbt, Séries, xi.) — Dieu... les empêche (les créatures) de retomber dans le néant dont elles sont sorties. (B. Lavt, Nouv, Réflex. sur Vart poét., i, 5.)
Rentre dans le néant dont je t'ai fait sortir. (Racinb*)