‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 5)Chapitre 201 sur 375 · EFFET · texte numérisé non relu

EFFET

Nous voyons que de tous costez

Grandes et pelites clartez

Sont également effacées. (Racan, Ode à Baliac)

Et que le jour paroisse, ou que la nuit Veffacct Je n'ay point de clarté que celle que sa grâce

Inspire en mon esprit. (Id., Ps,, liv.)

EFFET, exécution, mettre en effet, comme mettre à effet : J*ai miSj grâces aux dieux, ma promesse en effet. {La Veuve, ni, 7.)

On a dit de même avant Corneille et après lui :

Uue la parolle que j'auray ouye, ou que le bien que je sçauray, se je ne le faiz et accompliz et mectz en effect, soytma condempnacion. {Intern. consoL, ii, 2.) — S'il se trouve quelques-uns des gouverneurs ou principaux officiers qui soyent reconnus adhérans à ces messieurs, il les faut changer, sans leur donner temps de meure leur mauvaise volonté en effet, (Richel., Xe«., à M. Hemery.) Et mettant en effet tes injustes desseins, Achève de te perdre en servant les Romains.

(MoNTFL., La Mortd'Asdrubalf n, 3.)

On disait de même, mettre en exécution, pour mettre à exécution :

C'est très-peu de voir et pénétrer les secrets de la vie spirituelle, si on ne met point en exécution les moyens qui sont nécessaires pour parvenir à sa fin, qui est l'union réelle et véritable avec Dieu. (Fénel., I.««.*p/rii., clxi, édit. Sl-Sulpice.) — Pour commencer à mettre son projet en exécution. (Vert., Hist. de Malte, v.)

— PAR l'effet, par les actions :

Pour marque aux souverains qu'ils dévoient par Veffet

Répondre dignement au grand choix qu'il en fait. {Oih., m, 3.)

— DES effets, des actes, des actions :

Je vous les ai sauvés, je vous les cède' tous ;

Je n'en veux qu'un pour moi, n'en soyez point jaloux.

Pour de si bons effets laissez-moi l'infidèle. [Méd., ii, 2.)

Mais il fut tout à soi quand il fut en province,

Et sa haute vertu par d'illustres effets

Y dissipa soudain ces vices contrefaits. [Oth., m, 3.)

— FAIRE SON EFFET, produire Teffet voulu en parlant d'une pièce de théâtre :

On n'avoit jamais vu jusque-là que la comédie fît rire sans personnages ridicules, tels que les valets bouffons, les parasites, les capilans, les docteurs, etc. Celle-ci /auot< son effet çslt l'humeur enjouée des gens d'une condition au-dessus de ceux qu'on voit dans les comédies de Plante et de Térence, qui n'ètoienl que des marchands. [Exam. de Mél.)

— FAIRE EFFET, aboutir :

De ces deux desseins il n'y en a qu'un qui fasse effet, l'autre se détruisant de soi-même. [Exam. delà Suiv.)

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