‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 5)Chapitre 205 sur 375 · ELECTION · texte numérisé non relu

ELECTION

ÉLECTION, choix, choix de cœur :

L'ardenr qu'allume en nous une flamme si pure....

Vient sacrifier à votre élection

Toute notre espérance et notre ambition. {Rodog,, m, 4.)

« Élection ne peut être employé pour choix, dit Voltaire. Élection d*un empereur, d'un pape, suppose plusieurs suffrages. »

Corneille a employé plusieurs fois élection dans le sens critiqué par son commentateur :

Je viens vous faire voir que votre affection

N'a pas été fort juste en son élection. {MéL, iv,3.)

Vous la forcez vous-même à cette éleciionf

Je suis de ses amours le témoin oculaire. {La Veuve, ui,7.)

Telle est l'humeur du sexe, il aime à contredire,

Rejette obstinément le joug de notre empire.

Ne suit que son caprice en ses affections,

Et n'est jamais d'accord de nos élections, {VIllus. com., m, 3.)

— ÉLECTION, choix, cu général :

Dérober Andromède à cette élection.

C'est dérober sa mère à sa punition. {Androm,, i,3.)

Plusieurs excellents auteurs, avant et après Corneille, se sont de même servis d'élection dans le sens de choix en général, et sans aucune idée de plusieurs suffrages :

Mais pour ce qu'en toutes langues y en a de bons et de mauvais, je ne veai pas (lecteur] que, sans élection et jugement, tu te prennes au premier venu. (Du Bell., Illustr, de la lang,jr„ ii, 5.)

Nous avons de vous trois fait une élection,

Suivant le mouvement de notre affection. (L.-C. Bisgbet, A/tz., iv, 2.) Et ceux-cy, faisant leur élection pour la gloire , dressent leurs pièges et tendent leurs toiles en des lieux spécieux, relevés, rares et illustres. (S. Fr. de Sales, Introd, à la vie dévote,)— Les preuves que le public a déjà reçues de la sagesse et de la probité de M. le cbancelier, ne me permettent pas de craindre que sa conduite ne réponde à l'éclat de ses ancêtres, à la splendeur de sa charge, et à l'élection de son prince. (Le Maist., Plaid,, xxxiii.) — Soit qu'il voulût tenir sa parole en ruinant ses affaires, soit qu'il les remit en la violant, il était toujours réduit à une déplorable élection, ou de hasarder son Ëtat pour être fidèle, ou de manquer à son honneur pour demeurer roi. (Balz., Le Prince, c. xv.) — Ce lieu, embelli d'une eau extrêmement claire, et fortifié de la même eau , raisonnablement profonde , me parut digne de Yélection d'un homme qui ne veut point de commerce avec le monde. (Id., Entrei,, vi.) — Tant de captifs volontaires, qui renoncent à la liberté, et qui s'enferment par élection et par conseil (délibération). (Id., ihid., xxii.)

Mon cœur n'étanyias libre en cette élection. (Racan, Berg,, iv, 1.)

Pour le seul Alcidor je veux mourir et vivre.

C'est celui dont mon cœur a fait élection. (Id., ilnd,, v, 3.)

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