‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 5)Chapitre 204 sur 375 · EFFRONTÉ. — ÉGAL · texte numérisé non relu

EFFRONTÉ. — ÉGAL

Au premier bruit de ce funeste accident, toutes les villes de Judée furent ^mues, des ruisseaux de larmes coulèrent des yeux de tons leurs habitants, lis furent quelque temps saisis, muets, immobiles. Un effort de douleur, rompant enfin ce long et morne silence, d'une voix entrecoupée de sanglots que formoient dans leurs cœurs la tristesse, la pitié, la crainte, ils s'écrièrent :... (Flégh., Or. fun. de Turenne,) — C'est un effort de démence dans un gouvernement d'avilir la plus grande partie de la nation. (Volt., Ess. sur les mœurs, c. 98.)

Pour mieux comprendre ces différents emplois, il est bon de savoir que effbrt a signifié primitivement force :

N'asemblereit jamais Caries si grant esjorz,

(Thér., La Charn. de Rol„ i, 598, édit. Oénifl.)

Cest-à-dire : Il n'assemblerait plus jamais de telles forces.

Dist Oliver : « Paien uni grant es/orz^ ''

De nos François m'i semble aveir mult poil »

(Thbr., la Cham. de Ko/., ii, 589] Et puis m'aconta vint-trois, Qu'emperéors, que rices rois.

Vos cresliens, qui ça venront

Atot Vesfors que il auront. (Partonop, de BloiSf v. 7167, éd. Crap.) La nuvele vint a Tou, le rei de Emath, ke David out descnnfit tut le esfon Àdadezer. [Le Livre des Rois^ p. 147.)

n y a en latin : « Omne robur Adadezer. »

EFFRONTÉ, fig. un zèle effronté :

Et, d'un zile effronté couvrant son attentat.

S'oppose, pour me perdre, au bonheur de l'Ëtat? {Cin., iv, 3)

ÉGAL. A l'Égal, locution adv., également :

Je suis craint à F égal sur la terre et sur Fonde. {VIllus., 1% ^ )

— A l^égal de, autant que, aussi bien que .

Et l'hymen de soi-même est un si loard fardeau,

Qu'il faut l'appréhender à Cégal du tombeau. {Iiil'% 'i ^'^

Allons donner votre ordre à des pompes funèbres, ^^^

A Cégal de son nom illustres et célèbres. [Sert.,"^^ 8*)

Je pense le connoître à Végal de moi-même. (Pulch,, h 3-'

Ne me parlez jamais en faveur d'un infâme^

Qu'il me fuye à Végal des frères de sa femme. (Ifor., iV. U

La seule vérité donne aux afflictions

Des consolations Durables à Cégal de sa sainte parole. (Imtc., lu, l^-)

Et ce que fuit le monde à Végal des supplices,

C'étoit ce qu'avec joie ils couroient embrasser. (Ibii'i c*^'

— A l'Égal de, au prix de :

La seule mort d'Horace est à craindre pour vous.

Des frères ne sont rien à Végal d'an époux. {Bcr.t m» ^l

ÉGARER. — ÉLARGISSEMENT. m

Pour que cette phrase présente un sens raisonnable , il faut attacher à rien le sens qu'il avait quelquefois de nullement. (Voir notre article RIEN.)

— A l'égal de, suivi d'un infinitif :

Et le trépas en soi n'a rien de rigoureux

^ regarde vous rendra un rival plus heureux. {Perth,^ u, 1.)

— TRAITER quelqu'un d'égal, comuie on dit, traiter d!égal à égal avec quelqu'un, le traiter sur un pied d'égalité :

Je ne dois qu'à moi seul toute ma renommée,

Et pense toutefois n'avoir point de rival

A qui je fasse tort en le traitant d*égaL {Exe, à Arisu,)

Vous vous plaignez d'une lettre à Àrisle, où je ne vous ai point fait de tort de vous traiter d'égal , puisqu'en vous montrant moins envieux, vous vous confessiez moindre, [ieu, apolog.)

11 n'en prend pas le titre (de maître), et les traite d*igaU

Mais, Thamire, après tout, il est leur ^[énéral. [Sert.^ ii, i.)

El je suis las de voir que du bandeau royal

Ils prennent droit tous deux de me traiter d'égal, {attifa, i, 1.)

ÉGARER, fig. ÉGARER LA GRACE, l'écartcr de soi :

n est toujours tout juste et tout bon, mais sa grdce

Ne descend pas toujours avec môme efficace ;

Après certains tnoments que perdent nos longuetirs,

Elle quitte ces traits» qui pénétrent les coeurs ;

Le nôtre s'endurcit, la repousse, Végare :

Le bras qui la versoit en devient plus avare.

Et cette sainte ardeur qui doit porter au bien

Tombe plus rarement, ou n'opère plus rien. (^'o/., i, 1.)

ÉLANCEMENT, en parlant du sang qui s'élance, qui jaillit avec impétuosité :

Son élancemetu perce ou rompt toutes les veines. {Attila^ v, 6.)

ÉLARGIR, jQg] ÉLARGIR LES RÈGLES, Ics rendre moinsétroitcs,

moins rigoureuses :

Il est facil^ aux spéculatifs d'iStre sévères ; mais , sHls vonlotànt donner dix ou douze poëmes de cette tiature au public, ils' éiargiroient peut-être leâYtgles encore plus que je ne ifais,^sit6i qu'ils auroient reconnu par Texpérieiice^ello contrainte apporte leur exactitude. C^oû. Disc)

ÉLARGISSEMENT, au figuré; dans le sens d'eitension plus large :

Je éonhaiterois, pour ne point gêner d« tout lespectateur^ifue ce que l'on fait représenter devant lui en deux heures se pût passer en effet>eii deux heures, et que ce qu'on lui fait voir sur un théâtre qui ne change polQVpût s'arrêter dans une chambre ou dans uife salle, suivant le choix (fd'on en auroitfait; mais souvent cela est si malaisé , pour ne pas dire impossible , qu'il faut de nécessité trouver quelque élargissement pour le lieu comme pour le temps. [Trois, Disc»)

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