‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 5)Chapitre 22 sur 375 · L INTRODUCTION · texte numérisé non relu

L INTRODUCTION

Nous omettons beaucoup d'autres différences de syntaxe et construction, aOn de pouvoir nous étendre un peu sur la p] importante que nous ayons eu à constater et à étudier, c'est dire Tellipse du pronom personnel après certains verbes. No croyons très-utile de reproduire ici, sous une forme un peu difl rente, la substance de ce que nous avons dit sur ce point grammaire et sur ce procédé de style demeurés jusqu'à main1 nant inexpliqués et même inaperçus. La théorie que nous avo tirée de l'observation d'un nombre immense de faits se rédi à ceci :

Le pronom personnel se supprime généralement après 1 verbes faire^ laisser, mener , regarder, sentir, voir y entendre, écoute suivis eux-mêmes d'un autre verbe qui achève le sens. Alors régime suit les verbes qu'accompagnent faire, laisser, etc., c bien, s'il les précède, c'est un pronom personnel, un pronom r( latif, ou un adjectif indéfini, comme tout.

Nous espérons qu'on lira dans son entier cette étude capitalf qui comprend près de deux feuilles de notre second tome; c'ei pourquoi nous nous bornerons à rappeler ici d'une maniéi abrégée quelques-uns des nombreux exemples que nous avor empruntés à des écrivains de mérite très-divers, afin que la g< néralité de l'usage fût mieux constatée.

Qu'on observe d'abord comment le pronom se supprime aprc les verbes que nous avons dits, précédés du régime :

c Seigneur Dieul tu me fais esbahirl » (Lariyet, LeMorf., ii, 2.)

Me fais ébahir, et non pas me fais m'ébahir,

c . . . Révolter tous les citadins d*un Estât et les faire entreiuer. » (Cboliêrs Les ApreS'Dinees, nu, f» 137, v».)

Les faire entretuer, et non pas les faire s'entretuer.

« Voyez à quoy Vsimour la faisait abaisser. » (D'UMÉjrÀsirée, i, 1.)

La faisait abaisser, et non pas la faisait s'abaisser.

€ La peur ne me fera ny taire ny dédire. » (Racan, Berg.,vi, 5

Me fera taire, me fera dédire, et non pas me fera me taire, ^ fera me dédire.

« Mais ce flatteur espoir qu'il rejette en mon âme...

Me fait plaire QVk ma peine et m'obstine à souffrir.» (P. CoRN.,iW^/.»'» ^•

Me fait plaire, et non pas me fait me plaire.

INTRODUCTION. u

• Lui procurant da bien elle croit la fâcher,

Et cette raine peur la fait ainsi «aeA«r. » (Id., La Suiv,, m, 6.)

La fait cocker, et non pas la fait se cacher,

t Hélas ! mais qu'à propos le ciel Ca fait méprendre, »

(Id., U PL Roy,, IV, 7.)

Ua fait méprendre, et non pas l'a fait se méprendre.

« Voilà cet accident qui le fait retirer, » (Id., ibid,, v, 5.)

Le fait retirer, et non pas le fait se retirer.

tCihlefii opiniàtrer davantage en son entreprise. » (Furet., Le Rom. bourg,, i.)

Le fit opiniàtrer, et non pas le fit s'opiniâtrer,

« Et va errant par un chemin

Qui, le détournant de sa route,

Lefaict eguarer à la fin. • (Lariv., Le Laquais, ii, 2.)

Le fait égarer, et non pas le fait s'égarer.

« Et si du bon chemin on Ta fait écarter, Beox mots incontinent l'y peuvent rejeter. »

(Mol., V École detfernm., m, 3.)

L'a fait écarter, et non pas fa fait s* écarter.

* L'honneur qu'il a (le clergé de France ) d'être assemblé presque sous vos Ifioi k fait acquitter avec plaisir d'an devoir qu'il, vous rend avec justice. » (FiicH., Uti.)

^ fait acquitter, et non pas le fait s'acquitter.

« Et me fit consumer dans une plainte vaine... » (Sénbcé, Sat.)

^e fit consumer, et non pas me fit me consumer, ^

« Ceux que l'opinion /ail plaire aux vanités. » (Malh.)

^^it plaire, et non pas fait se plaire, «Le 8iear César fit un pas de clerc de s'amuser aux forts, et nous laisser cepen-

^^^Imifitr, » (MONTLOCO

•Vous laisser fortifier, et non pas nous laisser nous fortifier.

• î*» Komains les laissoient consumer par leurs propres forces. » (Mbzbr.) ^* laissaient consumer, et non pas les laissaient se consumer.

• Pour moi, je suis d'avis que vous les laissiez battre, »

(P. Corn., L'Illus, rom,, m, 3.

^^ laissiez battre, et non pas les laissiez se battre.

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