‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 5)Chapitre 23 sur 375 · LU INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LU INTRODUCTION

« Ta flatter, si ta veux, la douleur de Flavie,

Et me laisse éclaircir de l'état de ma vie. » (Id., Théod,^ iv, 1

Me laisse éclaircir, et non-pas me laisse m éclaircir.

« Il vaut mieux qu'ils en aient cette idée, que de n'en point avoir du tout : c qui arriveroit peu à peu, s'ils la laissaient effacer de leur esprit par un silène pernicieux. » (Malbbr.)

La laissaient effacer, et non pas la laissaient s'effacer,

« La plupart des merveilles de Dieu nous échappent et, après les avoir légère ment regardées, nous les laissons effacer de notre esprit. » (Nicole.)

Les laissons effacer, et non pas les laissons s'effacer,

« Bien serois aise que les veisses Bien enirebatire encore ung coup. »

(Le Débat de la Nourisse et de la Chamberihre

Les visses entrebattre, et non pas les visses s' entrebattre.

, « Si j'avois un prétexte à me mécontenter, Tu me verrois bientôt résoudre à le quitter. »

(P. Corn., La Gai, du Pal,, ii, 6

Tu me verrais résoudre , et non pas tu me verrais me résoudre,

« Ne vous étonnez point, vous fen verrez dédire, » (Id., Perth,, m, 3

Vous l'en verrez dédire, et non pas vous /'.en verrez se dédire,

« Le dépit de les voir muUiplier s'éloit tourné en fureur. » (Fluurt, Mœurs dt Chrétiens.)

I^s voir multiplier y et non pas les voir se multiplier.

L'ellipse est aussi fréquente, ou plutôt aussi constante quan le régime suit :

« La grandeur de son amour faisoit esmerveiller tout le monde. » (Marousi d'Ang., rHeptam., 19« nouv.)

Faisait émerveiller, et non pas faisait s'émerveiller.

« Quel envieux démon, et quel charme assez fort

FaMoii entre-c^qucr deux volontés d'accord?» (P. Corn., La

Faisait entre-choquer, et non pas faisait s^entre-ckoquer

« Ses intrigues firent mutiner leur armée. » (Mézbr., Hii s, II, 11.)

Firent mutiner, et non pas firent se mutiner.

« Ses intrigues firent mutiner leur armée. » (Mézbr., Hist, de France avant Clo vis, II, 11.)

INTRODUCTION. lui

• Ne laissom perdre en vain le temps. » (Ronsabd.)

Laissons perdre^ et non pas laissons se pet*dre.

« Si, par votre négligence, nous laissions fertifier les Espagnols... » (Richbl., Mém., 2X.)

Latssions fortifier, et non pas laissions se fortifier.

« C'est pea de laisser assoupir La ferveur du plus saint désir.

Par notre lâcheté nous la laissons éteindre. • (P. Corn., Imil.t i, 18.)

Lazsser assoupir y et non pas laisser s'assoupir; laissons éteindre, et non pas laissons s'éteindre.

« Pour laisser affaiblir par la guerre ces deux puissances voisines. » (Pklliss.)

Lctzsser affaiblir, et non pas laisser s'affaiblir.

• Il icissa séparer son armée victorieuse. » (Hézbrat.)

Laissa séparer, ei non pas laissa se séparer,

«Brienne s'arrêta court, et laissa évaporer la bile de Colbert. » (Choist, Mém,^ ii.)

Laissa évaporer, et non pas laissa s'évaporer.

« laissant emporter son esprit aux impressions précipitées de la surprise. » (VaUven., Caract.f xviii.)

Laissant emporter, et non pas laissant s'emporter.

« Je sens, je sens glacer Mon sang, mon cœur, ma voix> ma force et mon penser. » (Jodbllb.)

^e sens glacer, et non pas je sens se glacer.

« Et je sens refroidir ce bouillant mouvement, Quand il faut pour le suivre exposer mon amant. »

(P. Corn., Cinna, i, l.)

Je sens refroidir^ et non pas je sens se refroidir.

« Oo se dissipe, et on sent ralentir toutes ses bonnes volontés. » (Fbn.)

On sent ralentir, et non pas on sent se ralentir.

« Ce père s'étant fait expliquer tout ce qui me regardoit, sentit lui-môme en- Ponmer son zèle. » (Prév.)

Sentit enflammer, et non pas sentit s'enflammer.

• Qu'il attende le temps qu'avecque ma fortune Nous voyons appaiser et les vents et Neptune. »

Nous voyons apaiser, et non pas nous voyons s'apaiser,

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