‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 5)Chapitre 236 sur 375 · ETALER · texte numérisé non relu

ETALER

Les ÊcoL , V, 6.; — J'ay bien délibéré de luy faire voler la teste de dessus les espaules, etfust-ce un Gesar ou Charlemagne. (Tournbbu, Les Cornent, ii,4.)

Vous-même en deviendriez, je le gage, amoureux;

On ne s'en peut sauver, et fût-on tout de glace. (La Pont., L*Èun.,y,i.)

Faites-moi donc auteur, et ne fût-ce qu'en prose.

(BoissT, Le Médê€.par MfMioii, iv, 4.)

On trouve, d'une manière analogue, avec d'autres y&cbes que r auxiliaire être :

Je suis résolu, et dussé-je veiller toute nuict, d'entendre quelque chose de ce mystère. (Lariv., Les EcoL, v, i.) — Je veux employer toute ma puissance pour le retirer de leurs pattes, et dussé-je tout gaster. (Id., ibid., v, 3.) — Je sça; que changerez d'advis, et Veussiez-vous juré mille fois. (Id., Les Tromper,, i, 4.)

— ET, séparé de deux subst. auxquels il se rapporte :

En ce lieu Rome a vu le premier parricide ;

La suite en est à craindre, et la haine des deux. (âor., v, 2.)

Albe le veut, et Rome, il faut leur obéir. {Iéid,>, m, 6.)

Ressouviens-t'en, volage, et des chastes douceurs

Qu'un mutuel amour répandit dans nos cœurs. (La Tois, d'or, m, 3.)

Et s'employait souvent ainsi à distance du premier substantif, ou du mot qui en tient la place, comme nous employons ainsi que:

Le sieur de Trapador s'est trouvé coulpable, et a eu la teste tranchée, et quelques autres gentilz-hommes. [Leu. miss, de Henri IV, t. m, p. 728.) — Les truites y sont admirables et les saumons du Rhin. (Pelliss., Leit, hisi,, 18 o«^ 1681.)— Il luy a fait couper la leste ei à un grand nombre de ses subjets. (Tavern., Voy. desind., i, 4.) — La partie fut remise au lendemain, au commencement de la nuit, où elle devoit l'introduire dans le jardin de fleurs de lisi maison del|#ériclè8, sur lequel l'appartement d'Aspasie avoit une.partie de ses vues, et l'autre sur la mer. (M'°* de Villed., Les Amours des grands hommes, Alcibiade.)

Ce dernier exemple est plus particulier, et est elliptique.

— Et sert souvent à faire d'autres phrases elliptiques, comme la suivante :

Ce mal leur semble moindre, e< moins rudes ses coups.

Voyant que tout l'honneur en retombe sUr nous. [Uor.* v, 3.>

ÉTALER. Emplois remarquables au figuré :

Quelque ravage affreux qu'étale ici la peste,

L'absence aux vrais amants est encor plus funeste;

Et d'un si grand péril l'image s'offre en vain,

Quand ce péril douteux épargne un mal certain. (OEd,, i, 1.^

Si ce trésor par vous ne m'est point accordé.

Mon bras me punira d'avoir trop demandé,

Et mon sang à vos yeux sur ce triste rivage

De vos justes refus étalera l'ouvrage. [La Tois. d'or, u, 2)

Surtout ce privilège acquis aux graades âmes,

De changer à leur gré de maris ou de femmes,

Page 1