‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 5)Chapitre 241 sur 375 · ETONNER · texte numérisé non relu

ETONNER

Vous ne m*éionnez point; la pitié qui me blesse

Sied bien aux plus grands cœurs et n'a point de foiblesse. [PoL, i, 1.)

Va la voir de ma part, et tâche à Vétotmer,

Dis-lui qu'à tout le peuple on va l'abandonner. {Théêd., ii, 7.)

Je vous ai fait prier de no plus me revoir,

Seigneur, votre présence éionue mon devoir,

Et ce qui de mon cœur fit toutes les délices

Ne sauroit plus m'oflFrir que de nouveaux supplices. {Sur,, i, 3.)

Bien que cette signification n'ait pas disparu des dictionnaires de la langue, il ne sera pas inutile, croyons-nous, d'en montrer quelques exemples particulièrement énergiques :

U n'y eust hier sorte de grimaces ny d'injures dont il n'usast contre moy pour m'estonner sur le subjet de la promenade que nous fismes. ( Gougenot, Com. da aoméd., m, 1.) — On dressa des gibets pour estonner les coupables. (Sénaolt, De f Usage des pass,, 2* p., 4« tr., 4' dise.) — Il n'y a ni particulier, ni grand, ni prince, que la religion chrétienne ne puisse étonner, en lui proposant les menaces de Dieu même contre ceux qui... (Nicole, Dec, 1" comm., 8« instr., sect. i, c. 9*) — Mon Dieu, pourquoi vois-je devant moi ce visage dont vous étonnez les réprouvés? (Boss., 1«' Serm, pour le vend, saint, m.) — Au conseil comme au sceau, la multitude, la variété, la difficulté des affaires n'é/on»èren( jamais ce grand magistrat. (Id. , Or. fun. de LetelL) — Le dessein de changer de religion a quelque chose qui étonne, et l'on a quelquefois de la peine à l'exécuter , lors même qu'on y est tout résolu. (Arnauld, ApoL pour les caihoL, n, 11.) —La seule espérance qui .me resta fut de n'être pas connu; l'idée d'être pris pour un scélérat, qui, dans toute autre occasion, m'aurait fait frémir, ne m'étonna point. (M™* db Tencin, Le comte de Comm,) — La Grèce avait été bien étonnée par le premier Philippe, Alexandre et Antipater, mais non pas subjuguée. (Montesq., Causes dt la grand, et de la décad. de* Romains, c. v. )

L'aspect du souveiain n'étonna point ce traître. (Volt., La Henr,^ v.)

n fut un temps où je m'enorgueillissais de mon courage, et quelquefois en jetant les yeux sur le mal que pourraient me faire les hommes, sur le sort que pourrait me réserver le destin, je fixais les malheurs les plus inouïs sans froncer le sourcil, sans me sentir étonné. (Napoléon, Leit. à Joséphine^ 14 germ. 1796.)

— s'Étonner, se laisser étonner, se laisser abattre, décourager, s'épouvanter :

Et l'esprit le plus mâle et le moins abattu

Ne sauroit sans désordre exercer sa vertu.

Quoique le mien s'étonne à ces rudes alarmes.

Le trouble de mon cœur ne peut rien sur mes Urjuas. [Hor., i, 1.)

Et toute ma puissance Tous veut bien d'un tel heur hâter la jouissance, Hais gardez de pâlir, et de vous étonner A l'aspect du chemin qui vous y doit mener. {Théod., ii, 4.)

Elle me dit que le dieu me commandoit de ne m'eâiotmer de lant d'adversitei. (D'UfiPÉ, Astréef i, 8.)— Ne vous estonnez point de ce qui est arrivé; mais au nom de Dieu, que cela vous serve pour prévoir, et prévenir à l'avenir semblables inconvéniens. (Richbl., Lett., à M. de Châtillon, 14 juin 1638.)

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