‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 5)Chapitre 242 sur 375 · ETOUFFER. — ETREINTE · texte numérisé non relu

ETOUFFER. — ETREINTE

Qaoi I déjà votre foi s'affaiblit et s'étonne ? (Racinb. Ath,^ i, 3.)

Le monstre au môme instant tire son coutelas.

L'en frappe y et dans le flanc l'enfonce avec furie.

Le sang coule ; on s'éionne, on s'avance, on s'écrie. (Yolt., La ffenr.,v.)

— ÉTONNÉ , stupéfait, frappé de stupéfaction :

Le destin se déclara, et nous venons d'entendre

Ce qu'il a résolu du bcau-pére et du gendre.

Quand les dieux étonnés sembloient se partager,

Pharsale a décidé ce qu'ils n'osoient juger. [Pomp.i i,l)

CLiTON. Ce ton de voix enfin avec cette parole? LISE. Ah ! c'est là que mes sens demeurent étonnés-,

Le ton de voix est rare, aussi bien que le nez. [Svnte du MenL^i^^

Vous me quittez ! ôciell Mais, Lise, soutenez,

Je sens manquer la force à mes sens étonnés. {Ibid,, v, 3.)

ÉTOUFFER, flg. ÉTOUFFER LE DEUIL, commc on dit étouffer le chagrin :

L'éclat qu'a, répandu le bonheur de ses armes,

A vos yeux éblouis ne permet plus de larmes,

Il sait les détourner des horreurs d'un cercueil,

Et la peur d'être ingrate étouffe votre deuil. {La Tois, d'or, i, 1.)

ÊTRE, V. IL n'est que telle chose, il n'est rien de tel que, cela seul convient :

Pour perdre des amants celles qui s'en affligent

Donnent trop d'avantage à ceux qui les négligent,

// n*est lors que la joie; elle nous venge mieux. {MéL^ ni, 5.)

— IL n'est que de , il n'y a plus que tel parti à prendre :

L'éclat d'un tel affront l'ayant trop décriée,

Jt n'est à son avis que d'être mariée. {Suiu du Meni., i, L)

ÉTREINTE, aufig. :

D'un seul de ses regards l'adorable contrainte

Me rend tous mes liens, en resserre Vétreinte. (Md/., i, L)

Et lors d'un sacré nœud l'inviolable étreinte^

Tirera notre appui d'où partoit notre crainte. (La Tois, d*or, i, 2.)

« Est-il possible, dit Mercier dans sa Néologie, que ce vieux mot, si fréquemment nécessaire, si expressif, ait été presque banni? Les étreintes de la nature sont indissolubles. Il y eut, au premier aspect, une douce étreinte entre nos deux âmes. Celui-là se sépare de la vertu, et même de l'humanité, qui redoute \ étreinte de la reconnaissance. »

Ce substantif indispensable est redevenu, à notre époque, d*un usage très-fréquent.

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