‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 5)Chapitre 28 sur 375 · ABONDANT. — ABORD · texte numérisé non relu

ABONDANT. — ABORD

Nous observerons sur ce dernier exemple que mettre aux nôois se dit surtout pour réduire à une position extrême, mais on peut certes employer cette locution connue a t'ait notre grand poète.

Des auteurs de dictionnaires prétendent {{u'aboisj au figuré, ne se dit plus que dans le style familier. Ce sont de ces décisions dont heureusement les auteurs de génie savent ne tenir aucun compte.

ABONDANT en, avec un nom de personne, qui possède en

abondance :

Toute cette faveur ne me rend pas mon père ;

Et de quelque façon que Ton me considère,

Abondante en richesses, ou puissante en crédit,

Je demeure toujours la fille d'un pro«crit. {Cin., i, 2.)

ABORD, en parlant des personnes, action de toucher à une cùte, d'arriver dans un port :

Les Mores devant lui n'ont paru qu'à feur honte ;

Leur abord fut bien prompt, leur fuite encore plus prompte. (Ctd, iv, 1.)

•^ ABORD, action d* aborder, d'arriver en quelque lieu, en

général :

Mon abord en ces lieux Me fit voir Polyeucte, et je plus à ses yeux. (Po/y., i, 3.)

Il combattoit Antoine avec tant de courage Qu'il emportoit déjà sur lui quelque avantage;

Mais ïabord de César a changé le destin. [Pomp.f v, 3.)

C'est tout ce que j'ai vu dans Rome à mon abord, (La Font., Fab., xi, 7.)

^ son abord en Afrique, les rois se donnent à lui. (Boss., Hisl, univ,,

rP-i 8" ép.) — Par quelle raison son abord à Thessalonique n'a-t-il pas été

'ûatile?(Id., Panégyr. de S, Paul.u.)

Les exemples analogues de Molière, de Racine, sont connus de tout le monde.

^ ABORD, dans le sens d'approcher une personne, avec le

pluriel :

Hante peu la jeunesse, et de ceux du dehors

Souffre rarement les abords. (/mù., i, 8.)

"* DANS l'abord, comme d'abord :

La mort de son rivai, les pleurs de son ingrate.

Ont bien je ne sais quoi, qui dans Vabord le flatte,

Mais de ce cher objet s'en voyant plus haï ,

Plus il s'en est flatté, plus il s'en croit Irahi. {^Androm,, v, 1.)

Combien en voyons-nous se laisser pas à pas

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