GENS. — GENSDARMES
de Canl,, n. ) — Pais, arrivés qu'ils sont au logis du Sage, et sacrifié qu'ils ont au Soleil, ils entrent dans la chambre où le généreux les attend sur un lit de parade. (Cyrano, Voyage dans la Lune.)
Ce mot s* employait de la même manière au féminin. Saint- Amant a composé une idylle héroïque intitulée la Généreuse.
Généreux n'est plus usité substantiv. et .fam. que dans cette locution : faire le généreux^ se montrer magnanime ou libéral, plutôt par ostentation que pour obéir à un mouvement naturel de générosité.
Des écrivains de talent devraient savoir, au besoin, reprendre de pareilles expressions. Le dernier éditeur de Corneille, M. J. Taschereau, a très-bien relevé le mérite de celle-ci. Après avoir remarqué, dans une note sur Clitandrey Tafifection qu'avait Corneille à allier deux adjectifs dont Tun sert d'épithète, et parfois forme une antithèse très-prononcée, il ajoute :
c On trouvera dans Horace, (a. i, s. 2.) : Cruels généreux, et dans Héraclius (a. lY, s. 8) : Perfide généreux. Voltaire a dit à ce sujet : « Une nuée de critiques « s'est élevée contre Lamotte pour avoir affecté de joindre ainsi des éphhétes qui a semblent incompatibles. On ne s'avise pas de reprendre le perfide généreux de « Corneille... J'avoue que je ne sais si perfide généreux est un défaut ou non; « mais je ne voudrais pas employer cette expression. » Si c'est pour l'alliance des deux épithètes, Voltaire oubliait qu'il avait dit lui-même dans la Henriade:
L'amitié que les rois, ces illustres ingrats^ Ont souvent le malheur de ne connaître pas*
Si c'est pour l'incohérence apparente des deux idées que l'on attache aux mots perfide et généreux, nous préférons de beaucoup à l'opinion de Voltaire celle de Boileau qui, lui, n'a pas craint de dire : Hdiez-vous lentement, »
GENS. DEUX GENS, comme on dit deux personnes :
H'étant proposé d'y peindre un amour réciproque, qui parût dans les entretiens de deux personnes qui ne parlent point d'amour ensen^ble , et de mettre des compliments d'amour suivis entre deux gens qui n'en ont point l'un pour l'autre, et qui sont toutefois obligés par des considérations particulières de s'en rendre des témoignages mutuels. {Exam, de la Veuve,)
GENSDARMES, cavaliers armés, soldats :
De Médée en courroux dissipez donc les charmes.
Combattez ce dragon, ces taureaux, ces gensdarmes, (La Tois. d'or, i, ^.)
Je l'ai seule assoupi, seule j'ai par mes charmes
Mis au joug les taureaux, et défait les gensdarmes. [Méd., n, ?.)
Et que les Cretois gendarmes
S'entrechoquans de leurs armes,
En dansant fissent un son
Parmy l'antre solitaire.
Pour engarder que le père
N'entr'ouist son enfançon. (Rons ^ Odes, ui, 3-)