‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 5)Chapitre 30 sur 375 · ACCABLEMENT. — ACCABLER · texte numérisé non relu

ACCABLEMENT. — ACCABLER

La chose étoit tant infinie*

Qu'il y faisoit toujours abus. (La Font.^ Contes, Nicaise,)

Le prudent Anchise

Nous exhorta par un discours,

Aussi triste qu'une élégie.

De retourner dans Ortygie,

Pour y prier le blond Phébus

De nous vouloir tirer d^abus. (Scarr. , Yirg, irav., i. 3.)

De croire que votre conduite leur soit inconnue , et qu'elle demeure secrète pour eni; abus , chrétiens : cela ne peut être , et ne fut jamais. (Bodro., Serm» pour fe 2e dim. de tAv., Sur le scand.» 2« p.)

— De même avec le pluriel :

0 beau Paris! je ne crois pas qu'Hélène,

Que tu ravis par Vénus dedans Grèce,

Eust de beauté autant que ma maîtresse :

Si on le dit, certes, ce nom abus. (Cl. Mar., Episu^ i.)

ACCABLEMENT, action d'être accablé, écrasé, l'accablement

d'une chute :

Pour vous avoir trop crue, hélas! et trop aimée.

Je me vois sans Ëtats, je me vois sans armée,

Et par l'indignité d'un soudain changement

La cause de ma chute en fait X accablement, {Sophon,, m, 6.)

Quoiqu'il y ait ici une figure de pensée, le mot accablement, pour rendre l'image plus vive, est pris dans le sens propre, maintenant inusité, mais dont on rencontre d'excellents exemples, comme les suivants :

Ayant vu à Six l'espouvanlable et irréparable accablement survenu il y a quelles années par la chute d'une pièce de montagne. (S. Franc, de Sales, Lett., à ^b< Emman., 16 sept. 1611.) — La plupart des hommes et des femmes couroient ^chemise dans les places et dans les rues, sans savoir où se cacher, pour éviter l'oceaMemeiK dont ils se croyoient menacés par la ruine des maisons. (M"* de Wrs, L6«., à M"»' de Coulanges, 10 octobre 1680.)

•^ accablement, fig. :

Parmi de tels malheurs que sa constance est rare ! 11 ne s'emporte point contre un sort si barbare, • La surprenante horreur de cet accablement

Ne coûte à sa grande âme aucun égarement. {Œd., v, 7.

^ ACCABLEMENT, au pluriel, choses qui accablent :

Le solide plaisir n*est pas dans Fabondance

De ses pompeux accablements.

Et souvent leur excès amène l'impudence

Des plus honteux dérèglements. {Imit.f i, 33.)

ACCABLER, fig., ACCABLER quelqu'un de son inimitié.

Et votre aveuglement me fait trop de pitié,

i^our Vaccabler encore de mon inimitié. { Oth,, m, 5.)

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