‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 5)Chapitre 31 sur 375 · ACCABLER LES SEINS I · texte numérisé non relu

ACCABLER LES SEINS I

Loin de vous je n'ai rien qu'avec plaisir je voie, Tout me devient fâclieux, tout s'oppose a ma joie, Un chagrin invincible accable tou* mes sens. {La Ytuvtt h

Sire, on pâme de joie ainsi que de tristesse, ' Un excès de plaisir nous rend tout languissants,

Et quand il surprend l'âme il accable les sens. [Le Cid, iv,

— ACCABLER DE, fatiguer, lasser de :

Ai-je écouté quelqu'un de tant de soupirants

Qui m'accabloieni partout de leurs regards mourants? [TileeiBérén.ti

ACCOMMODEMENT, en terme de littérature, beauté, ag ment :

Ces prologues doivent avoir beaucoup d'invention , et je ne pense pas q n'y puisse raisonnablement introduire que les dieux imaginaires de l'antiq qui ne laissent pas toutefois de parler des choses de notre temps par une fi( poétique qui fait un grand accommodement de théâtre. (Prem. Disc.)

ACCOMMODER a, conformer à :

Aussi je ne suis pas de ces amants \ y accommode ma flamme au bien de i

— ACCOMMODER , Convenir, plaire à, faire , être le con

Aussi je ne suis pas de ces amants vulgaires;

Raccommode ma flamme au bien de mes affaires. (Siéd.j

Le cloître a ses douceurs, mais le monde en a d'autres,

Uui, pour avoir un peu moins de solidité,

Kaccommodeni que mieux notre instabilité. [La PI. Roy. y

Les Arabes s'appliquèrent encore à sa physique (d'Aristote ) , principale

aux huit livres qui ne contiennent que le général ; car la physique particul

qui a besoin d'observations et d'expériences , ne les accommodait pas

(Fleury, Choix des éiud.y l'« p., v.)

— s'accommoder, s'employer convenablement.

Quelques modern(;s, pour uler toute l'ambiguïté de cette prononciation écrit les mots qui se prononcent sans la mollesse de l'/i avec une / simpl cette manière : tranquile, imbécile ^ disiile, et cette orthographe pourrait s'oc moder, dans les trois voyelles a, Oy u, pour écrire simplement baler, offolei nalety mais elle ne ^'accommoderait point du tout avec Ve, et on aurait de la ] a prononcer Jidelle et belle , si on écrivait fidèle et bêle. (Préf. de : Le TAA P. Corn., édit. de 1682.)

ACCOMPAGNER, lig. :

n est juste de lui prêter (à l'utile) quelques grâces, mais de celles qi laissent toute sa force, qui l'embellissent sans le déguiser, et VaccompayneiU le dérober à la vue. [Imit., préf., 1670.)

Qnel indomptable esprit! quel arrogant maintien

Accompagnoit l'orgueil d'un si long entretien !

A-t-elle rien fléchi de son humeur altière? {Méd., u

ACCORD. 2i

On a dit de même :

I y a une fierté généreuse qui accompagne la bonne éducation. ( Mont. ,

au, m, 2.)

Un traître qui n'est hardi qu'à m'offenser, De qui nulle vertu Vl accompafjne l'audace. (Rao., Mithr., ii, 4.)

es vices qui se contractent à l'entrée de la jeunesse accompagnent ordinaire- U les hommes jusqu'au tombeau. (Péréf., Hiti, de Henri /F, 2« p., 1572.) Le plaisir et la douleur accompagnent les opérations des sons. ( Boss. , De '^mam. de Dieu, i.)

II dans un sons analogue, en parlant de clioses matérielles :

es cheveux noirs accompagnoieni ce beau visage « et relc voient l'éclat de son t avec tant d'avantage, que.... (Regn., La Prov.) — Un seul nœud de rucouleur changeante accompagnait son joli visage. ( A. db Muss. , Let Deux fr., IV.) — n y a à ma maison une belle orangerie, un agréable potager avec I fontaines, cl tout ce qu'il faut pour accompagner la beauté de ma maison , a de la grandeur, quoiqu'elle soit petite. (M"« de Mo.ntp., Mém., 1680.)

iCCORD. Être d'accord de quelque chose, y donner, son sentement, son acquiescement :

Telle est l'humeur du sexe; il aime à contredire,

Rejette obstinément le joug de notre empire.

Ne suit que son caprice en ses affections.

Et n'esi jamais d'accord de nos élections. [L'Illut. com.y m, ^. )

Sur un bruit qpii m'étonne et que je ne puis croire,

Madame, mon amour^ jaloux de votre gloire.

Vient savoir s'il est vrai que vous soyez d'accord,

Par un honteux hymen, de l'arrêt de ma mort. {Méd., ii, 4.

...... S'il est vrai que vous soyez à'accord.

Par un change honteux, de l'arrêt de ma mort. {Androm.^ iv, 3.)

Pourrez-vous à vos yeux souffrir cet hyménée?

Et quand de mon devoir vous voulez cet effort,

Toute votre justice en M(-elle d'accord? {Le Cid, v, 8.)

Je les voyois d'accord rf'un heureux hyménée. (Pulch.y ii, 1.)

-ACCORD, dans le sens de conventions préliminaires d'un riage, rompre des accords :

i'ai menacé Florange, et rompu les accords

Qui t'avoient su causer ces violents transports. (La Veuve, iv, 4.)

)û trouve plus souvent rompre un accord :

Un vieil accord à Parme engage en vain sa foi , S'il me voit, s'il me parle, il le rompra pour moi.

(T. Corn., Le Charme de la voix^ i, 1.)

•* ACCORD, dans le sens de rapport harmonieux, avec le plu-

J'épouse une princesse en qui les doux accordi Des grâces de l'esprit avec celles du corps

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