‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 5)Chapitre 34 sur 375 · ADMIRER. — ADRESSE · texte numérisé non relu

ADMIRER. — ADRESSE

ADMIRER, s'étonner de :

J'admire cette antipathie Qui vous l'a fait haïr avant que de le voir. (/tf/r*!., ^ '■)

Signification autrefois très-usuelle :

— ADMIRER, eu parlant d'une chose odieuse :

L'un s'émeut de pitié, l'autre est saisi d'horreur.

L'autre d'un si grand zèle admire la fureur, (Hor.,in,2.)

Tandis qu'Achillas même, épouvanté d'horreur,

De ces quatre enragés admire la fureur, [Pomp., n, î-)

ADORER, fig. et par extension, dans le sens de vénérer, révérer :

Aujourd'hui quelques-uns adorent celte règle, beaucoup la méprisent. (Cto-» préface.)

J'en estime Vhumeur, j'en aime le visage,

Mais, plus que tous les deux, j'adore son message. [La Suiu du Ment., i, 30

Soupirer à ses pieds, pleurer à ses genoux,

Trembler devant sa haine, adorer son courroux. [Àndrom,, v, !•)

i' adore cet orgueil, il est égal au mien»

Madame, et nos fiertés se ressemblent si bien,

Que.... (iili/fl, in,M

Cet emploi par extension était très-familier au dix-septième

siècle :

Je n'empêche pasv que ceux qui adorent toutes les- pensées des anciens ne sauvent ce philosophe à la faveur de l'allégorie, ou de quelque autre figure. (Boss. . Fragm. sur dit; mat, de contr.^ 1" fragm.) — Nous adorons dans chaqne partie de cette Écriture une profondeur de sagesse, une étendue de lumière, une suite de vérités si bien soutenue, que.... ( Id., ibid.^ 5« fragm.) — Si l'on n'a rien de plus précis pour expliquer les prophéties, il vaudroit mieux en adcrif l'obscurité sainte, et respecter l'avenir que Dieu a mis en sa puissance. 0^-* Variai., xiii, 35.) — J'estime, autant que personne, les anciens et leurs ouvrages, mais je ne les adore pas , et je ne suis point persuadé qu'on ne fasse plus rien qui en approche. (Perr., Parall, des anc. et des mod^ 1" dial. ) — Bonnivel, dont l'esprit trop vain ne savait pas discerner la vérité d'avec les flatteries de ceux qui adoraient sa suprême faveur. (MÉz., Hist. de Fr,, 1. vi.)

ADRESSE, marque qui sert à diriger, moyen qui aide à parvenir à un terme :

Ni ton savoir profond, ni l'ingrate sagesse

D'aucun autre savant Ne te peut vers le ciel faire une sûre adresse, {Imit., i, 7, édit. 1651.

On a dit dans le même sens : *

l\ a tenu un chemin si peu battu dans la carrière de la véritable gloire, Ç^^ je n'y trouve ni trace, ni adresse pour me guider. (Mascar., Orais, fun. de 1"' renne, ii.)

ADRESSE. 2o

— ADRESSE, dans le sens de renseignement. Donner quelque •RESSE DE QUELQUE CHOSE, donner quelques détails qui mettent r la Yoift de quelque chose :

C'est.... je l'aurois nommé mille fois en un jour.... Que ma mémoire ici me fait un mauvais tour! C'est un des bons amis que Philiste eut au monde.... Bêve un peu comme moi, nourrice, et me seconde. s'OURRicE. Donnez-m'en quelque adresse, {La Veuve^ iv, G.)

^ner quelque adresse, donner une adresse, étaient des locutions ites faites qui s'employaient avec diverses nuances de signiition, mais toujours dans le sens de renseignement, instruc-

est dans ce désir de donner quelque adresse à ceux qui conduisent les âmes, rcoonoitre les régies saintes et ecclésiastiques de la pénitence, que j'ai enris de la représenter en cet ouvrage , telle que nous la trouvons établie dans râdition de l'Ëglise. (Arn., De lu Fréq, Commun», préf. , p. xix. ) — Voilà fiïadresse que je puis donner aux autres, et que je prends pour moi-même en matière où l'on ne sauroil trouver de régie. (Yaugel., Rem.)

'Orneille a encore dit dans le même sens :

•lui (le but) de la poésie dramatique est de plaire, et les régies qu'elle nous crii ne sont que des adresses pour en faciliter les moyens au poète. {Méd., •nsieur P. T. N. G.)

- POUR VOTRE ADRESSE, commc à votrc adresse :

Voici pour voire adresse une assez rude touche. [Le Menu, v, 3.)

-ADRESSE, avec le pluriel dans le sens d'habileté, de moven He :

Franchement, c'esl-à-dire avec mille rudesses,

Le mépriser, le fuir, et par quelques adresses

Qu'il tâche d'adoucir.... {La PL roij., i, 1.)

n trouve de très-nombreux exemples de cette signification reuse :

îst encore ici une des plus subtiles adresses de votre politique, de séparer vos écrits les maximes que vous assemblez dans vos avis. (Pasc, Prov., xiii. ) ien remarquer les adresses dont on se sert pour bannir entièrement de l'esle souvenir de la mort. (Nicole, Traité des quatre fins dern. , i, 1.) — Us se îni de diverses adresses qu'il est utile de découvrir. (Id.. ibid., i, 2.) — La éa ^e& adresses e\. des ressources infinies. (Id., Cont, des Esv., sur l'ép. du lim.d'après la Peut., vu.) — Où sont ceux qui ont autant de vues, d'ouveri et àradresses pour s'avancer dans la vertu, qu'un ambitieux en a pour réussir ses prétentions? (Id., ibid., sur l'ép. du dim. de la Septuag. ) — Une de ^ adresses étoit de me ifaire sans cesse l'cloge du secret. (M"« de Wontp. ., ., 1637.)— Ce n'est pas que les choses ne soient expliquées par des manières irter fort modestes et des adresses fort délicates. (D'Aubign. , Prai. du ihéâi..

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