‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 5)Chapitre 352 sur 375 · IMPUR. — IMPUTER · texte numérisé non relu

IMPUR. — IMPUTER

IMPUR, subst., ce qui est impur, impureté :

Par là de tout Vimpur la souillure s'efface. (fmt(., m, 52.)

Et que Tembrasement d'une flamme si pure

Efface tout l'impur dont tu me vois taché. {Ibid., iv, 9.)

IMPUTER A , estimer, juger, regarder comme :

Et a voulu taxer de légèreté une action qui fui imputée à grandeur de courage par ceux qui en furent les témoins. {Le Ctd, avertiss.)

— IMPUTER A, avec un régime indir. de personne; mot à mot, compter à..., comme... :

Et Cinna vous impute à crime capital

La libéralité vers le pays natal ! [Cin.f ii, !•)

Mais d'avoir cru mon âme et si foible et si basse,

Qu'elle pût m'imputer votre hymen à disgrâce. [Sophon., ni, 2.)

— De même avec le pronom réfléchi, régime indirect :

Et je m*imputois même à trop de vanité

De trouver entre nous quelque inégalité. {Héracl., m, 1.)

Cette locution, aujourd'hui d'un usage restreint, s'appliquait autrefois à des cas bien plus nombreux , comme les exemples suivants le montreront :

n crut en Dieu, et il lui/u< imputé à justice. (Saint Franc, de Salbs, De Camour de Dieut ly 11<)

Peuple qui me veux mal, et m'imputes à vice

D'avoir été payé d'un fidèle service,

Où trouves-tu qu'il faille avoir semé son bien,

Et ne recueillir rien? (Malh., Stanc, 1596.)

Imputer non à louange, ains à une afifection... (Pasq., Leti,, vu, 12.) — Wimpulez point mon ignorance à outrage. ( Vaugel., Trad. de Quinte-CurcCf v, 2. ) — Il manda au prince qu'il ne falloit plus différer ; et qu'il luy imputeroii à peu de cœur, s'il remettoit la partie à une autre fois. (Gomberv., Cyther,, i, 3.) — Puisque par vostre incomparable indulgeance je me trouve en possession de cette gloire, ne m*imputez pas s'il vous plaist à effronterie, si je prends la hardiesse deo^ous en demander la continuation. (Id., ibid., ii, 3.) — Le saint doc-^ teur traite d'aveugles et d'impies ceux qui ne veulent pas reconnottre que la reli-' gion soit une chose où l'on ne peut jamais ôter, ni ajouter, ni changer, en quelque temps que ce soit : le ministre impute^ au contraire, à aveuglement et à impiété de n'y vouloir point connoître de changement ni de progrés. (Boss., Prem, aven, aux proiesi,) — Cette entreprise par laquelle vous prétendez vous honorer ne vous sera pas imputée à gloire par le Seigneur notre Dieu. (Id., PoUt., vu, 5.)

— IMPUTER, avec le pron. pers., dans le sens passif:

Rabattez cet orgueil, faites-lui soupçonner

Que vous vous en piquez jusqu'à l'abandonner,

La crainte d'en voir naître une si juste suite,

A vivre comme il faut l'aura bientôt réduite,

Elle en fuira la honte, et ne souffrira pas

Que ce change s*impute à son manque d'appas. {La GaL du PaL^ m, 1.)

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