‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 5)Chapitre 37 sur 375 · AIGREUR · texte numérisé non relu

AIGREUR

AIGREUR. Donner de l'aigkeur a, suivi d'un nom ( aigrir, irriter.

Ce reste d'intérêt que je prends en sa vie

Donne trop cC aigreur, prince, à votre jalousie. {La Toit

— AIGREUR, pour amertume, au sens moral :

Mon épargne depuis, en sa faveur ouverte. Doit avoir adouci V aigreur de cette perte. [C

Mais comme il est, seigneur, de la fatalité Que Vaigreur soit mêlée à la félicité, Ne vous ofifensez pas si cet heur de vos armes, Qui me rend tant de biens, me coûte un peu de larmes, (i J'ai caché si longtemps l'ennui qui me dévore, Qu'en dépit que j'en aie, enfin il s'évapore, Vaigreur en diminue à te le raconter. , {P>

Vaigreur des tribulations. (/»

Aif/reur, qui a été quelquefois repris comme un te impropre, notamment par Fauteur de Y Examen des fan gage dans la tragédie de Pompée, a été longtemps synor mertume :

De quoi sert le nom de paix publique , si chacun en son particu! l'effet et aigreur de la guerre? (L'Hospit., Harangue.)

Vaigreur de mon martyre. (Régi

Dans ce climat barbare où le destin me range,

Me rendant mon pays comme un pays étrange ,

Desloges, je ne sçay quel étourdissement

Assoupit les aigreurs de mon bannissement. (Théc

La France, pour me faire ressentir plus vivement Vaigreur de disgrâces, et me faire repentir de mon ingratitude, me combloitaini ceur de ses caresses. (Dassoucy, Âvent. d'Italie, ci.) — Cette dou» tranquillité de coeur que l'Apôtre joint à la patience, qui consomn aigreurs et toutes les amertumes des peines que nous endurons. ( Comm., préf., xiv.) — Si on fait une réponse, épargnez-moi le chagr Je suis assurée qu'elle sera dure , et je n'ai pas besoin d'augmenté mes déplaisirs. { Marquise de Courcbll. , Lett. 14. ) — Le pape • Vaigreur de ce récit en le faisant passer par sa bouche. (M"" de Yilli amour., 6« p.. 13e journée.) Celle résistance me fera rejeter sur U je serois au désespoir de rejeter pleinement sur vous; et bien qu'ell pas mon trépas, elle en adoucira du moins Vaigreur. (Id. , Î6irf., 15* Le cruel se plaint â moi avec des aigreurs qui offensent mon amour du fier ail, ii.)

Un esclave génois, homme de qualité.

Et d'un génie au-dessus du vulgaire,

Chez le visir Achmet, musulman sanguinaire,

Par l'industrie et la fidélité,

Sans cesse attentif à lui plaire, Adoucissoit Vaigreur de sa captivité. (Senecé. Contes. Qui a

On a dit de même, aigre pour amer :

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