‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 5)Chapitre 45 sur 375 · AMBITION. — AMITIÉ · texte numérisé non relu

AMBITION. — AMITIÉ

Corneille avait mis aux premières éditions :

Au faite ambitieux de leurs palais dorés.

AMBITION. COURIR avec ambition a la punition, y c^i^ '•irir avec ardeur et à Venvi :

Donc jusques à ce point vous bravez ma colère,

Qu'en vous faisant périr je ne vous puis déplaire,

El que loin de trembler sous la punition,

Vous ij courez tous deux avec ambition? [Théod., ^^"^^^ ^v

AMBROSIE, pour ambroisie : »

[L'Illusion comique, iv, 4, 1" édit.)

C'est Fancienne orthographe, celle de Ronsard, de Montai è:^^^^' et de tout le seizième siècle. Cependant Corneille, dans rédî"^^ ion originale, avait mis ambroisie; mais, depuis l'édition de 1644 J ""squ'à celle de 1682 inclusivement, il a toujours écrit ambrosie^

AME, souffle do vie :

Rosidor, ah! je pâme, Et la peur de sa mort ne me laisse point d'âme. (C/i7., *" ^ ^-^

— AME, comme cœur :

Seigneur, toute son âme est à moi dés l'enfance. {Sert., iii -» ^-^

— RENDRE SON AME A UNE PERSONNE, lui rendre son cœ-^J'*». Tempire sur son âme :

Pour vous rendre son âme il vous est venu voir? (O/A., i v, 4.)

— SON AME, l'objet de son plus tendre amour :

Se peut-il que Florame Souffre d'être sitôt séparé de son âme? [La Suiv., n» ^J

Célidée est son âme, et tout autre visage N'a point d'assez beaux traits pour toucher son courage, {Gahdu Pa!.^ i. ^^'^

— AME, principe, mobile :

Ma passion pour vous, généreuse et solide,

A la vertu pour âme, et la raison pour guide. {Pulcli,, h '■''

AMI, adj., avec un nom de chose, favorable, destins amis :

A la fin je triomphe, et les destins amis

M'ont donné le succès que je m'étois promis. [MiL, iv, ^•'

AMITIÉ. AVOIR DE l'amitié pour une pièce, Taiiner particulièrement, en faire un cas spécial :

Je ne veux point dissimuler que cette pièce est une de celles pour qui /« ^ plus d'amitié, {Exam, de Ni'com.)

AMOLUR. — AMORCE. 37

18 ie même sens :

est pas que je ne sache bien que l'utile a besoin de l'agréable ponr s'indans Vamitié des hommes. (Préf. do l'/mtf., 1670.)

trouve quelques exemples de amitié^ dans le sens de goût, riant de choses. Nous les rapprochons de celui de Cor- » bien que l'analogie ne soit pas parfaite :

uois comme les autres, plut()t pour lier société avec des femmes, que par amiié que j'aie pour le jeu. (M">* de Yillbo., Vie de H,-S, de Mol., v.)

OLUR, fig. AMOLLIR UN COUP, le rendre moins rude :

La menace à grand bruit ne porte aucune atteinte,

Elle n'est qu'un effet d'impuissance et de crainte,

Et qui si près du mal s'amuse à menacer

Veut amollir le coup qu'il ne peut repousser. {Théod., i, 3.}

AMOLLIR LA HAINE, Tadoucir, la calmer :

Et le sort i'eût-il fait encor plus inhumaine.

Une larme d'un fils peut amollir sa haine, [Hodoy., ii, 4.)

Que veux- tu pour marque plus certaine, Que l'intérêt d'un fils n*amollU point ma haine? [Penh , m, 3.)

trouve, avec quelques nuances de signification, dans le radoucir, de calmer, de fléchir, d'attendrir :

it Dieu, qu'il voulsist amollir la colère de Picrochole. (Rabel., i, 32.) — m prit la parole, et la pria d'amollir son courroux, (Amyot, Vies, Sylla.) -commune façon d'amollir les cœurs de ceux qu'on a offencés , lors qu'ayans eance en main, ils nous tiennent à leur mercy, c'est de les esmouvoir par ssion, à commisération et à pitié. (Mont., Ess,, i, 1). — Vous avez pu vous r contre ce qui étoit le plus capable d'attendrir une âme, de la gagner, et Ir les plus durs seniimms de voire cœur. (Mass., Serm, pour le 3* dim. de ir le péché mortel.)

Tantôt par des remords il l'agite et le trophle.

Tantôt par des attraits que sa bonté redouble

Il amollit enfin cette longue rigueur,

Et le vaincu se jette aux pieds de son vainqueur. (L . Racine, t.a Grdce^ ii i )

ORGE, fig. AiViORCE DE (un subst.], ce qui excite à :

Et nous verrons toujours, si Dieu le laisse vivre. Un change, un repentir, un pardon s'cntresuivre. Ce dernier est souvent V amorce <i'un forfait. (la Place Roy,, ii, 4.)

JETER UNE AMORCE A, suivi d*un substaiitif :

Qui pardonne aisément invite à l'offenser.

Et le trop de bonté jette une amorce au crime. {OEuvr, div,)

Page 1