APPARENCE
— Avec le pluriel, préparatif, apprêts :
Que je vois d'appareils, Âlbio, pour ma ruine! (0(A.,ui,5.)
APPARENCE, extérieur, avec un adjectif possessif :
Que je meurs qu'il le sache, et j'en fuis les moyens,
Quelle importune loi que cette modestie,
Par qui noire apparence en glace convertie
Étouffe dans la bouche, et nourrit dans le cœur
Un feu dont la contrainte augmente la vigueur ! (La Suiu,, Ui 6.)
— APPARENCE, fig. QUELLE APPARENCE DE, AVOIR SI PEU d'AP- PARENCE QUE :
Si mon sujet est véritable, j'ai raison de le taire; si c'est une fiction, quelle apparence, pour suivre je no sais quelle chorégraphie, de donner un soufflet à l'histoire, d'attribuer à un pays des princes imaginaires, et d'en rapporter des aventures qui ne se lisent point dans les chroniques de leur royaume? (3/^^*1 préf.) — Ce mariage a si peu d'apparence^ qu'il est aisé de voir qu'on ne le propose que pour satisfaire à la coutume de ce temps-là, qui était de marier tout ce qu'on introduisait sur la scène. [Exam. de Atél.)
— HORS D*APPAREiscE, coiitre la raison, le bon sens :
Que j'emporte sur elle aucune préférence'
Vous tenez des discours qui sont hors d'apparence,
{La Ca/er. d4«Ffl/.,ui,6.)
Apparence se. trouve ainsi très-fréquemment employé pour désigner ce qui a un caractère spécieux , plausible , raisonnable, justifiable :
Quelle apparence de donner les charges ecclésiastiques de telle conséquence à un qui n'est encore point ecclésiastique, au préjudice de plusieurs hoonestes ecclésiastiques qui ont déjà fait longuement l'exercice, et qui ont bien servi l'Eglise ! (S. Franc, de Sales, Nouv. leil, inéd^ à M°>* La Fléchère , 28 août 1617>) Cela n'a ni justice ni apparence, (Boss., LeiL à S, Vinc, de Paul, 1" fév. 1658.) — Où est la preuve, où est l'apparence de toutes ces plaintes. (FatrOi Plaid,, XVI.) — Jamais il n'y eut de commandement plus étrange, ni d'entreprise plus extraordinaire et plus hors d^ apparence que celle-là. (Nie, Cont. des fw-» sur l'Év. de TAsc.) — .... Il me semble que vous vous mettez en un grand danger sans piopos ny apparence^ (Tournebc, Les Contens, v, 4.)
On disait dans le même sens : il n'y a pas'd' apparence de, avec un infinitif, il n*est pas plausible, raisonnable, justifiable de :
// n'y avait point d'apparence de refuser une proposition si plausible. (Vebtot, Révol. de Portugal. ) — // n'y avoit pas d'apparence de s'aller livrer entre 1«* mains d'un ennemi qui, pour couvrir la honte de sa défaite, pouvoit persuader à ses citoyens de le iaire arrêter, et peut-être même de le faire périr. (W-. Révol, rom,, ii.)
De même, il n'y a pas apparence de, il est sans apparence de *
Il le pria de considérer qu'i/ n'y avoit pas apparence d'envoyer les bomïD^ qu'il demandoit sans les choisir extrêmement. (St-Rbal, Conj. amtre F««.) "
APPAT. — APPRENDRE. 41
Iqc devant avoir la meilleure part dans leur dessein , il n'y avoH pas appâtât nen cacher à son confident. (Id., ibid.) — Il est vrai que saint Augusiit qu'il n'est pas aussi sans apparence (f entendre par ces mots des vers et des ents véritables. (Nicole, Ess., Traité des quatre fins dern., ii, 6.)
PPAT, avec le pluriel, rapproché de mets :
De la bouche et du cœur je les vois tous avides , Tous gros des bons désirs qui leur servent de guides, Courir à ces appas.
Et voler à ces mets solides Que ta main leur prodigue en ces divins repas. (îmit., iv, 14.)
>PÉXIT. AVOIR l'appétit ouvert dk bon matin, au figuré :
Vous avez r appétit ouvert de bon matin.
D'hier au soir seulement vous êtes dans la ville,
Et vous vous ennuyez déjà d'être inutile,
Votre humeur sans emploi ne peut passer un jour,
Et déjà vous cherchez à pratiquer l'amourl {Le Ment,, i, 1.)
TLAUDIR A quelqu'un sur quelque chose :
Seigneur, n'ôtes-vous point d'une humeur bien facile ,
\f applaudir à Cotys sur son manque de foi? [Agésil., n, 6.)
TLIQUE. JOURS d'applique, jours artificiels produits par ippareils lumineux :
Muses, Taviez-vous cru, vous qui faites les vaines,
De prévoir l'avenir des fortunes humaines,
D'en percer le plus sombre et le plus épineux?
Aviez-vous deviné que ce parc lumineux ,
Ces belles nuits sans ombre avec leurs jour^ dt applique.
Préparaient à vos chants un objet héroïque !
[Au roi sur sa campagne de 167G.)
ÏUQUER (S') SUR, comme s'appliquer à :
Les exemples des dïen\ s'appliquent ma) sur nous. [Tiie et Bérén.,iy, 3.)
PRENDRE, absol., étudier :
U a jusqu'à mon nez et jusqu'à ma parole,
Et nous avons tous deux appris en même école. [La suite du Ment., i, 3.)
APPRENDRE (s') A, commc sc former à, apprendre :
Par là je m'appris à rimer.
Par là je fis, sans autre chose, Un sot en vers d'un sot en prose.
{Pièce impr. à la suite de Clil., édit. de 1632.)
' trouve s'apprendre dans le sens d'apprendre chez des aude diverses époques :
K'est pas d'aujourd'hui qu'ils méditent ce dessein. Ils se sont appris à Buter les gens sur la bulle et sur les brefs d'Innocent X. (Le Maist. , Leti.