‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 5)Chapitre 62 sur 375 · ASSASSINE. — ASSEZ · texte numérisé non relu

ASSASSINE. — ASSEZ

• Je pense voir déjà l'appareil de sa perte, De ce héros si cher, et ce mortel eonni N'ose plus aspirer qu'à mourir avec loi. (5BréM,iT,l)

ASSASSINE, subst. fém. :

Et vous en avez moins à me croire assassine. (iVic'oin.,iii,8.)

« Je ne sais, dit Voltaire, si le mot assassine^ pris comme substantif féminin, se peut dire. Il est certain du moins qu'il tf est pas d*usage. »

Voltaire a dit encore :

« Uépithète d'assassine n'avait jamais été donnée aux dames jusqu'ici; mais, puisque vous le voulez, Fulvie (dans le Triummrat) est assassine. »

Ce mot a été employé par Molière.

ASSASSINER, fig., dans le sens de causer un mortel chagrin, un ennui tuant :

Chacun dans sa croyance également s'obstine,

Vous pensez m'obliger d'«ii jeu qui m* assassine, {lUus. cm-, "• 3.)

Ah ! c'est m'assassiuer d'un discours inutile. (Perih.t »» ^)

Ce penser m'assassine,,. {Suréna, v, 8.)

— ASSASSINER, fig., formant une remarquable opposition de mots : LE BONHEUR m'assassine :

Je n'en veux point juger, seigneur, et sans Plautine

L'amour m'est un poison, ie bonheur m^assassine.

Et toutes les douceurs du pouvoir souverain .

Me sont d'aflfreux tourments s'il m'en coûte sa main. (0/A.» >•• *'

ASSEMBLAGE. Belle alliance de mots :

La noblesse du sang, la grandeur du courage, . %

Font avec son mérite un illustre assemblage. [Tlte et Bér.i lU

ASSEMBLER, en parlant de choses morales, réunir :

Aussi a-t-il les deux grandes condi lions que demande Aristote aux 1"^^ j^ parfaites, et dont l'assemblage se rencontre si rarement chez les ^^^C'®^* '5'V^ modernes. Il les assemble même plus fortement et plus noblementque lesespêc** que pose ce philosophe. (Examen du Cid,)

ASSERVIR A, suivi d'un infinitif, contraindre de :

Sa probité stupide autant comme farouche . |

À prononcer leurs lois asservira sa bouche. (OiAm ^*'

ASSEZ, placé après le mot qu'il modifie :

Aurois-tu du courage assez pour l'enlever? (La FiMW*»"'

Aucun n'est sage assez de sa propre sagesse. [ItnUn ^

Page 1