‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 5)Chapitre 76 sur 375 · AUTANT · texte numérisé non relu

AUTANT

— d'autant, avec d'autant plus pour relatif :

/e t'ai donné la vie et tu me rends ma gloire ;

Et d'autant que l'honneur m'est plus cher que le jour,

D'autant plus maintenant je te dois de retour. [Le Cid, m, 6.)

— AUTANT QUE, AUTANT, employé coHime autant, autant:

Autant que y eus de peine à l'éteindre en naissant,

Autant m'en faudra-t-il à la faire renaître. {La Gai. du Pal,, m, 10.)

i'ù précipité ma reconnoissance, quand j'ai considéré qu'autant que'je la diffé- Brois pour m'en acquitter plus dignement, autant je demeurerois dans les aparences d'une ingratitude inexcusable envers vous. {Iléruei. , Ëp. au chanc. égttier.)

Autant que sa fureur s'est immolé de têtes ,

Autant dessus la sienne il croit voir de tempêtes. {Ibid., i, 1.)

Cette forme a été longtemps très-usitée et est encore indiquée ans les dictionnaires :

Autant que la face de la république paroissoit belle au dehors par ses conlétes, autant étoit-elle défigurée par l'ambition désordonnée de ses citoyens et irses guerres intestines. (Boss., Hisi. univ., l"p., d" ép.) — Autant qu'on doit épriser les mauvais poètes, autant doit-on admirer et chérir un grand poëte iUftUtt. à CAcad., v.) — Autant que la terre de Chypre nous avoit paru néigéeet inculte, autant celle de Crète se montroit fertile et ornée de tous les Dits par le travail de ses habitants. (Id. , Télém., v.) — Autant que ceux qui ^chaînent eux-mêmes par leurs passions sont misérables, autant ceux que Dieu end plaisir à enchaîner de ses propres mains sont-ils libres et heureux. (M. , itruct. et av.) — Autant qu'une paix sincère, entière et durable^ qui mette la ine doctrine en pleine sécurité, est l'objet de tous mes désirs; autant une paix Qsse, une demi-paix, une paix superficielle, qui augmente la contagion en la «vrant, me paroît odieuse et détestable. (Id,, Lett., à Le Tell., 17 mai 1714.)— nantquele désire la véritable paix, autant ai-ie d'horreur pour la fausse. (Id., d., à M. de Roh., 27 juill. 1714.) — Autant que'je cherche avec empressement la siélédevos serviteurs, autant je me dérobe à celle des hommes livrés au >ode et à leurs passions. (Mass., Paraphr, mor, du Ps. xv. ) Libre d'ambition , simple et sans artifice ,

Autant que tu hais l'injustice,

Autant la vérité te plaît. (Rac, Cunt., i,)

^utonf que les Romains avoient négligé l'art militaire, aumm les Perses l'avoient- CRllivé. (Montesq. , Grand, des Rom., c. 21.) — Autant que le véritable homme lettres doit applaudir aux pensées ou aux opinions d'autrui quand elles le iritent, autant lui convient-il peu de n'en être que stupide sectateur. (Girard, me. de la lang, fr,, V dise.) — Autant que la réalité est au-dessus de la figure , m que l'Église l'emporte sur la synagogue, autant que le sacerdoce de Jésus- Hst est plus auguste que celui d'Aaron , autant que les sacrements de la loi avelle sont plus relevés que les cérémonies de la loi ancienne , autant les mitres chrétiens doivent être plus parfaits que les ministres judaïques. (La Luz., w. sur Cétat eccL, p. 70, éd. 1809.)

Plus anciennement on disait de même, autant que, d'autant :

^tant que ie m'estois ietté en avant, ie me relance d^autant en arrière. (Mont. , Ml, 12.)

76 AUTORITÉ. — AUÏRE.

AUTORITÉ. AVOIR PLEINE AUTORITÉ DE, suivi d'uii infinitif, avoir plein pouvoir de :

Et d'un art tout-paissant les forces inconnues

Ne me laissoient ouvert que le milieu des nues,

Mais le mien, quoique moindre, a pleine autorité

De nous faire sortir d'un séjour enchanté. {La Toii, dOr, 111,6

AUTOUR, emploi particulier au figuré :

Les anciens en prenoient si peu de liberté qu'ils arrêtoieni leurs tragidia oMiofir de peu de familles , parce que ces sortes d'actions étoient arrivées en pea de fomilles. {Deux, Disc.)

AUTRE, répondant à chacun :

Jamais un adultère, un traître, un assassin; Jamais d'ivrognerie et jamais de larcin; Ce n'est qu'amour entr'eux, que charité sincère ; Chacun y chérit l'autre et le secourt en frère.

{Polyeuciey iv, 6, 1" éd. etsuiv. jusqu'en 1660cxcIqs.!

— AUTRE , pour un autre :

J'obéis avec joie, et je serois jaloux.

Qn^autre bras que le mien portât les premiers coups. iPomp,; 1. 1)

On rencontre assez souvent autre employé comme ici, tout seul.

C'étoit un impie, qui n'avoit autre loi que son ambition et sa politique. [Flbubt, Caiéch. histor.) — Les débauches du carnaval ne peuvent avoir eu awre principe que le regret d'entrer dans le carême. (Id., Mœurs des chrét,^ lxvii.)

— De même autres pour les autres, d'autres :

Et ne ift'imposez pas cette indigne foiblesse,

De craindre autres périls que ceux de ma princesse. (Œd.t i»!*!

Un moment dans le trône éteint tous autres feux. {Tite et Bir,t v, ^)

Ayons plus d'égards pour Bacchus, On dit qu'il a planté la vigne ; Conservons encore Vénus, Sa beauté l'en rend assez digne ; A utres déesses , autres dieux Feront bien de quitter ces lieux.

(S.-Eyrem., Sur la disp, touch. les anc elles mod)

— AUTRE , avec inversion :

Malheureux le premier qui fâchera son maître !

Pour autres centlbuis je ne voudrois pas rêtre.(La Suite du Jlfeii/.,ï"i'*^

Je vous ay donné advis. par mes précédentes, de la trefve que j'avois accordée

à mes subjects rebelles pour trois mois, laquelle a encores depuis esté conlinflw

poVLTauUres deux mois. {Lett, miss, de Henri IV, à M. de Brèves, 22 et 26 déc 1593.

— Et ce qui leur reste d'Italiens font aultres quinze cens chevaulx. {Ib.f^'^'-i

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