ACCABLER LES SENS
Loin de vous je n'ai rien qu'avec plaisir je voie,
Tout me devient fâcheux, tout s'oppose à ma joie,
Un chagrin invincible accable tout mes sens» (La Veuve, i, 5.)
Sire, on pâme de joie ainsi que de tristesse,
Un excès de plaisir nous rend tout languissants,
Et quand il surprend l'âme il accable Us sens. {Le Cid, iv, 5.)
— accabler de, fatiguer, lasser de :
Ai-je écouté quelqu'un de tant de soupirants
Qui m'accabtoient partout de leurs regards mourants ? [TneciBérén., 1,2.)
ACCOMMODEMENT, en terme de littérature , beauté, agrément :
Ces prologues doivent avoir beaucoup d'invention, et je ne pense pas qu'on n'y puisse raisonnablement introduire que les dieux imaginaires de l'antiquité, qui ne laissent pas toutefois de parler des choses de notre temps par une fiction poétique qui fait un grand accommodement de théâtre. (Prem. Disc.)
ACCOMMODER a, conformer à :
Aussi je ne suis pas de ces amants vulgaires; •
J'accommode ma flamme au bien de mes affaires. (Méd., i, 1.)
— accommoder, convenir, plaire à, faire, être le compte de:
Le cloître a ses douceurs, mais le monde en a d'autres,
Qui, pour avoir un peu moins de solidité,
K accommodent que mieux notre instabilité. (La PL Roy., v,8.)
Les Arabes s'appliquèrent encore à sa physique (d'Aristote ) , principalement
aux huit livres qui ne contiennent que le général ; car la physique particulière ,
qui a besoin d'observations et d'expériences , ne les accommodait pas tanL
(Fleury, Choix des éiud., lr* p., v.)
— s'accommoder, s'employer convenablement.
Quelques modernes, pour oler toute l'ambiguïté de cette prononciation , ont écrit les mots qui se prononcent sans la mollesse de l'A avec une / simple , en cette manière : tranqutlc, imbécile , diitile, et celte orthographe pourrait s'accommoder, dans les trois voyelles a, o, u, pour écrire simplement baler, offoler, awnuler% mais elle ne t'accommoderait point du tout avec l'e, et on aurait de la peine a prononcer fidelle et belle, si on écrivait fidèle et bêle. (Préf. de : Le Thédi. de /'. Corti., édit. de 1682.)
ACCOMPAGNER, «g. :
Il est juste de lui prêter a l'utile) quelques grâces, mais de celles qui lui laissent toute sa force, qui l'embellissent sans le déguiser, et Yuccompayneta sans le dérober à la vue. [Ima., préf., 1670.)
Q\*v\ indomptable esprit! quel arrogant maintien
Accoinpaynoii l'orgueil d'un si long entretien!
A-telle rien fléchi de son humeur altiére? [Méd., u, 4.;