‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 103 sur 743 · CAPRICE. — CAPTIVITÉ · texte numérisé non relu

CAPRICE. — CAPTIVITÉ

I CAPRICE, mettre dans son caprice que, mettre dans son j imagination, dans sa tète que, se figurer que :

, Pour moi, j'écoutois tout, et mis dans mon caprice

Qu'on ne devinoit rien que par votre artifice. [La Suite du Ment., i, l.î

— caprice, avec le pluriel, pièce fondée sur le caprice de • l'imagination :

Tout cela cousu ensemble fait une comédie dont l'action n'a pour durée que celle de sa représentation, mais sur quoi il ne seroit pas sûr de prendre exemple. Les caprices de cette nature ne se hasardent qu'une fois; et quand l'original auroit passé pour merveilleux, la copie n'en peut jamais rien valoir. {Exam. de rillus. corn.)

CAPRICIEUX, avec un nom de chose, de fantai|ie, bizarre .

Qu'on en nomme i invention bizarre et extravagante tant qiron voudra, elle est nouvelle ; et souvent la grâce de la nouveauté, parmi nos François, n'est pas un petit degré de bonté. Son succès ne m'a point fait de honte sur le théâtre, et j'ose dire que la représentation de cette pièce capricieuse ne vous a point déplu, puisque vous m'avez commandé de vous en adresser l'épttre quand elle iroit sous la presse. (L'illus. corn., Ëp.)

Cet emploi est rare; cependant on rencontre des emplois analogues jusqu'à nos jours :

Mais dans ce rude paysage j$S

Où tout est capricieux, El d'une beauté sauvage Rien ne rappelle à mes yeux

Les bords que mon fleuve arrose. [Fin., Ode iv.)

In capricieux costume andalou qui lui sied à merveille. (Th. Gaot., Monit-, -29 décembre.)

CAPTIF, adj. et fig. voeux captifs .

Hais que servent pour moi tous ces préparatifs,

Si mon cœur est esclave, et tous ses vœux captifs? {Sur*, i, 1.)

CAPTIVER, au sens propre, rendre captif, prisonnier :

Cessez, indignes fers, de captiver un roi.

Est-ce à vous à presser les bras d'un tel monarque? [Mèd., îv, 5.)

Cet humble adorateur se déclare mon maître 1

Et déjà son amour, lassé de ma rigueur,

Captive ma personne au défaut de mon cœur! (Rac, Alex., in, 1.)

CAPTIVITÉ, au fig., avec le pluriel :

Et quelque effort qu'on fasse à rompre ces beaux noeuds, D'un amour si parfait les chaînes sont si belles, Que nos captivités doivent étie éternelles. (HéracL, i, 4.)

Au milieu de tant de captivités, les hommes du siècle s'estiment libres. (Boss., Serm pour ta vêt. d'une postut. Dern.t m.) — Le tout est de 'savoir s'abandonner

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