H 4 CHANGE. — CHANGER
Aux courtisans n'y a point d'amour :
Ils vont au change chaque jour. [Corn, de Chant., u, 2.;
A quelle autre beauté pourrois-je aller au change? (Bac an, Berg., égl.) C'est par le change Que l'on se venge D'un époux qui n'est pas constant.
(Danc, Prol. et divert. nouv. pour Circé.)
— Corneille emploie change pour changement dans d'autres cas, comme change de notn, ou change absolument :
A l'intérêt du sceptre aussitôt attaché,
Il agit d'autant plus qu'il se croit bien caché,
Et s'ose imaginer qu'il ne fait rien paraître
Que ce change d: nom ne fasse méconnaître. (D. Sanche, n, I.
Puisque chacun, dit-il, s'échauffe en ce discord,
Consultons des grands dieux la majesté sacrée,
Et voyons si ce change à leurs bontés agrée {Hor„ 111, 2.)
On trouve d'une manière analogue :
Le change des saisons.
(Malh., Stances pour Alcandre au retour dOronie.)
0 que nos fortunes prospères
Ont un change bien apparent!
0 que du siècle de nos pères
Le nostre s'est fait différent! (Id., Odes, 1. 2. Sur Caiitnte, etc.)
Pour moy. comme une humble brebis.
Je vais où mon pasteur me range,
Et n'ai jamais aimé le change
Que des femmes et des habits. (Racah, Êpigr., à M"« Desloges.)
— rendre son change a quelqu'un, comme on dit rendre le change :
Au lieu de la duper avec ce feint amour,
Elle-même le dupe, et lui rendant son change,
Lui promet un amour qu'elle garde à Florange. [La Veuve, u, 5.)
Approchez, Liriope, et rendez-lui son changé. (Àndrom., u, 2.)
Dom Pèdre en vint aux reproches et aux menaces. La roi lai rendit bientôt son change, et lui dit que si le roi d'Espagne continuoit ses attentats', il porteroi t le feu jusque dans l'Escurial. (P*réf., HUt.de Henri /F, 8* p., 1608 )
CHANGER, act., au mor., faire changer, avec ou sans rég. indirect :
Mais comme avec le temps il pourroit vous séduire,
Et voui changeant d humeur, me forcer i vous nuire,
J'ai voulu vous parler pour vous mieux avenir
Qu'il seroit malaisé de vous en garantir. (ThéoJ.y h, 4.)
Oui, l'honneur qu'il me rend ne fait que m'outrager;
Je vous le dis encor, rien ne peut me changer. [Penh., i, 1.)
Quoi ! madame, la perdre est-ce gagner Placide?
Croyez-vous que sa mort le chimje ou l'intimide? [Théod., u, 60
CHAPEAU. — CHAPITRE. Hft
Expression assez rare, qu'on rencontre cependant, comme dans cet exemple :
Ce récit tout nouveau me surprend et me change. (Richbl., Mirante, ni, 9.}
— changer de.... en..., avec un adjectif après de et en:
Flattez mieux les désirs de votre ambitieuse.
Et ne la changez pas de fiére en furieuse.
Elle vient vous parler. (Tue et Bér., v, 1.)
— changer un amant, le quitter pour un autre :
Nais puisque sans raison la volage vous change,
Faites qu'avec raison un changement vous venge. (La Gai, du Pal., îv, 4.)
Henri IV écrivait à Gabrielle d'Estrées :
Resolvés-vous donc, ma maistresse. de n'avoir qu'un serviteur. 11 est en vous île me changer, il est en vous de m'obliger. ( Lett. mitt. de Henri IV, t. 4, p. 291. )
— changé de, suivi d'un substantif :
Si jamais jusque-là votre guerre m'engage,
Je serai bien changée et <f âme et de courage. (Nicom., m, 1.)
« Je serai bien changée et d'âme et de courage » mauvaise façon de parler, dit Voltaire. » Cette façon de parler ne paraîtra pas si mauvaise, si Ton réfléchit que courage est employé ici dans la signification de cœur, dont on verra des exemples à un des articles suivants.
Changé de se rencontre souvent ainsi avec un subst. :
Voilà qu'il vient à nous tout changé de visage. (Trist., Marianne, 11, 8.)
— se changer, pour signifier changer de sentiments :
Faites, dieux tout-puissants, que Philiste te change. (La Veuve, 111, 1.)
Nous n'avons pas rencontré d'exemple de cet emploi.
CHAPEAU, donner un coup de chapeau a quelqu'un, le saluer d'un coup de chapeau :
[Lytandre tort de chez Cétidée, et patte tant t'arrêter, leur donnant seulement un coup de chapeau.
HTPfouTB. Peut-être l'avenir... Tout beau, coureur, tout beau,
On n'est pas quitte ainsi pour un coup de chapeau. (La Gai, du Pat.,n,2.)