‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 111 sur 743 · H6 CHARGE. — CHARMEUR · texte numérisé non relu

H6 CHARGE. — CHARMEUR

Je serais plus sévère, et tiens qu'à juste titre.

Vous lui pouvez tantôt en faire un bon chapitre. {Suite du Ment. . 1 v. 3.

CHARGE, aux charges que, pour, à la charge que;

Là j'aurai tout loisir de te le raconter,

Aux charges qu'à, mon tour aussi Ton m'entretienne.

Nous n'avons pu rencontrer cette locution ailleurs que chez

Corneille.

CHARGEANT, fig., pesant, lourd, fâcheux :

Je ne vous en chargeai qu'afin de me défaire

D'un entretien chargeant et quim'alloit déplaire. (La Gai. du Pal., u. 8/

CHARMANT, subst. le charmant, opposé à rutile :

Cherche-moi Spitridale, et l'amène en ce lieu, Et nous verrons après s'il n'est point de milieu

Entre le charmant et l'utile. (Gfnita., îv, 4/

CHARMÉ, présent charmé, pour désigner la robe que Médée envoya à Creuse, après l'avoir empoisonnée par ses charmes magiques :

Hélas ! vous recevez par ce présent charmé

Le déplorable prix de m'avoir trop aimé. {Mid., v, 5.)

CHARMEUR, adj. :

Quiconque aime l'époux, Cria-t-il, de sa voix trouve l'accent si doux, Que de ses tons charmeurs l'amoureuse tendresse, Sitôt qu'il les entend, le comble d'allégresse. (fait/., iv, 17.)

A la première vue un objet qui nous plaît N'inspire qu'un désir de savoir quel il est, On en veut aussitôt apprendre davantage. Voir si son entretien répond à son visage, S'il est civil ou rude, importun ou charmeur, Éprouver son esprit, connaître son humeur. (La Gai. du Pal., i, 8.)

Corneille dit de même subst. :

Eloignez quelque temps ce dangereux charmeur. <La Veuve, h, 3.)

C'est un des mots nombreux que Corneille gardait de la

langue du seizième siècle :

(Platon) veut que ce soit pareillement l'office de la fortitude combattre à rencontre de la douleur, et à rencontre des immodérées et charmeresses blandiees de la volupté. (Mont., Eu., m. 13.) — Je m'en vais, lui disoit-il, vous monstrer, et faifle voir sans lunettes, si n'estes du tout aveugle, qu'il y a une vertu charmeute cachée es yeux. (Bouchkt, Séries, xix.)

On a dit comme Corneille au dix-septième siècle :

Vos yeux, ces beaux charmeurs, avec tout leur éclat,

Ve sont point accusés de tant d'assassinats. (Rorooti, Feue., m, 4.)

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