‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 133 sur 743 · CONQUÊTE. — CONSENTIR · texte numérisé non relu

CONQUÊTE. — CONSENTIR

connaître pour reconnaître se trouve employé même en prose :

J'eus encore assez de jugement pour me tenir en la même posture, dansl'espé- ^ rance de n'en être point connu, et je ne fus point trompé. (Cyrano, tiist. com. des

états et empires du Soleil.)

— connaîtra mal quelqu'un , ne pas avoir égard à sa dignité, ù sa condition :

Faites venir le roi, appelez votre Attale,

Que je conserve en eux la dignité royale :

Qe peuple en sa fureur peut les connoître mal. (Nicom., v, 7.)

— ne pas se connaître a, suivi d'un infinitif, ne pas savoir :

Je ne me comtois point à combattre d'injures. (La Gai. du Pal.t v, 2.)

CONQUÊTE, fig. petites conquêtes /petites faveurs que Ton conquiert en amour :

J'en reçus des faveurs secrètes, mais honnêtes,

Et j'étendis si loin mes petites conquêtes,

Qu'en son quartier souvent je me coulois sans bruit,

Ponr causer avec elle une part de la nuit. {Le Ment., n, 5.)

CONSCIENCE, ne point faire de conscience de, comme m point faire conscience de :

De six pièces de théâtre qui me sont échappées, en ayant réduit trots dans la contrainte qu'elle nous a prescrite, je n'y ai point fait de conscience d'allonger un pen les vingt et quatre heures aux trois autres. [La Veuve, au lect.)

— parler a sa conscience, parler selon sa conscience :

Je parle seulement de ce qu'a vu le roi,

Seigneur, et qui voudra parle à sa conscience. (D. Sanche, î, 3. )

CONSENTIR, employé activem. :

Mon indulgence, au dernier point venue, Consentoit à tes yeux l'hymen d'une inconnue. {Le Ment., v, 1.)

« Consentir, dit Voltaire, est un verbe neutre, qui régit le datif, c'est-à-dire, notre préposition à qui sert de datif. On ne dit pas : « consentir quelque chose, mais à quelque chose. » Dans quelques éditions on a substitué approuvait à consentait. »

Le consentiras-ln cet effort sur ma flamme? (Rodog., m, 3.)

Voltaire dit encore : « Consentira, et non consentir le. Ce verbe gouverne toujours le datif exprimé chez nous par la préposition à. Il est vrai qu'au barreau on viole cette règle; mais le style du barreau est celui des barbaridfhes. »

La dernière édition de l'Académie dit moins affirmativement et

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