‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 134 sur 743 · CONSENTIR · texte numérisé non relu

CONSENTIR

moins absolument que le célèbre auteur du Cmnmemimre : € Consentir est quelquefois actif; alors il n'est guère d'usage qu'au palais et dans le langage diplomatique. » L'emploi de content ir, comme verbe actif, dans le sens de souffrir, permettre, est assez fréquent chez des auteurs dont le style n'a pas coutume d'être entaché des barbarismes du barreau.

Notons d'abord que Corneille a dit encore :

Trop heureux accident si la terre entrouverte

Avant ce jour fatal eût consenti ma perte. (Bel., v. 2.)

L'amitié le constat si l'amomr l'appréhende. [Bodog., îv, 1.

Aussi bien que Neptune Junon consentira notre bonne fortune. [Jkndrom., v, 3.)

Consens-tu qu'on diffère, honneur, le consens-tu? (Gmdu, u, 3.

N'est-ce point que le ciel ne consent qu'avec peine Cette triste union d'un sujet à sa reine. \ïbid., m, 5.)

Vous m'en dites assez pour mériter ma haine, Si je laissois agir les sentiments de reine. Par un trouble secret je les sens confondus. Parlez, je le consens, et ne les troublez plus. {Mi., ivt 5.;

Voltaire, ayant dédaigné de faire aucune remarque but le troisième comme sur le quatrième acte de Don ftancha, n'a pas relevé ces derniers barbarismes :

Mais, seigneur, le voici, tâchez de pressentir

Ce qu'en votre faveur il pourroit consentir. {Âçés.f u, I.)

Corneille dit encore, parlant de ses premiers poèmes :

J'aurois laissé périr entièrement ceux-ci, si je n'eusse reconnu que le bru il qu'ont fait les derniers obligeoit déjà quelques curieux à la recherche des autres, et pourroit être cause qu'un imprimeur, faisant sans mon aveu ce que je ne voulois pas consentir, ajouteroit mille fautes aux miennes. {Préf. des œttvr. de Corn., lrt p., 1644, pet. in-12.)

Notre grand poète est toujours dans la tradition ancienne et constante de la langue :

Qui en gieu entre, le gieu doit consentir. Et l'on doit bien grever son anemi.

( Garin le Jjoker., £• chanjk, xxxv, éd. P. P.) Or iront luit ensamble, li viel et li enfant, Le chemin vers Luiserne, se diex 4e lor contant.

[Gui de Bourg. , bibl. elxév., v. 3448.) Ja fusmes nos nez en un jor, Et en un jor devions morir.

Se Diex le volsist consaittir.

[floire et Bl^iceflor, éd. du Mer., v. 1534, 2* vers.)

Ce seroit trop dure chose pour nous si nous consentions ce que vous dites.

(Froiss., Chronïq.% Redd. de Calais.) — Si voulez consentir la trêve. (11. dc Col-

Mém. *

UiM\m r Uoitdctuix , xxtv.î — Jfay estimé que, pour un ausay bon eifeet, vous rtutrmiril* plus volontiers ladicla réduction, (f.etf. miSf.dkfFfnri fF, U iu,p.*KJO, u 1593.) — Desjâ le bruit est partout qu'on Leur cornent la révocation de voalf* tdict de pacification. [/M-, L ut p. 64» Au roy, 17 mai 1585.) — L'Espagnol veut comprendre le duc île Mercœur comme leur confédéré, ce que je ne , ronsmirray jamais. (/Mil., p. 90t.) — Les âmes françaises bien nées ne çohtatÊiroirni ny n'approuveraient jamais ces exécrables impiétés, louées et apn.u rêes neantmoïns par ces demi-Mores qui ne cr nie ni en Dieu que sur bon» gage», puisqu'ils envoyeur et de sang froid, leurs propres enfants à la mort. {Mèrn. ttt- "bpHji du ViHttr9% î, 1550- )

Toy qui ton bien baille sans conte

k anltruy. c'eat bien peu de sens ;

Sf après y trouves meseorjte,

C'est raison, car tu le comtm. (Uàdocw, ht* moyens dév minrneol.

Lu dormant pense ouir un contraste de vents

Oui, du bout de la mer jusqu'aux sable* mouvants,

Trouhloient tout son royaume, et sans qu'il le consente*

Voulo ient. 4 son deseeu, ordonner U tourmente. ; D'A nu,. Lt* Tratj„ v.

Je ne puis être sienne ; el sans dessein pour lui,

H ne puis ûomerttir ses desseins pour autrui. (Rom., Ymtt*l* tit5.)

Dieux 1 avec quel effort et quelle peine extrême

Je consens ce départ qui m'irradie a Hlii liillippj (id,, ibtd , uit 5.J

Le ducp pour récompense^ a requis cette grâce. Le peuple mutine veut que je vous ta fasse f

Cassandre la cmtent, je ne m'en défends plus, ild., tlnd . v,

Le roj consentit l'abolition de ta Pragmatique, (HÉzan, , Mit* de Fronce, Vt. François I«, 1515.)

On trouve de nos jours, chez des écrivains de différent mérite, quelques exemples de amsentir employé activement dans la taugue générale :

Elle sentait que pour arriver à elle il faudrait que ses amis tuassent les hommes qui la gardaient, et elle n'eût conterai leur mort à aucun prix. ( àlkx. Dum.( Le Cher, de Maison-Bouge, xlu.) — Mais ces rois de l'intelligence consentent volontiers V égalai démocratique. (Albx. db Jossimv, Un dtm. chant au Paradis perdu de Mihon, av.-prop., p. x.)

CONSERVER, pour signifier conserver la mémoire de :

0 siècles, ô mémoire.

Conservez à jamais ma dernière victoire; Je triomphe aujourd'hui du plus juste courroux , De qui le souvenir puisse aller jusqu'à vous. {Cin.t v, 3.)

CONSOMMER, pour consumer :

Dis-lui que sa pudeur ne sauroit plus cacher ' Un feu qui la consomme, et qu'elle tient sicher.

{MéL, u, 5, 1" édit , jusqu'à 1660 inclus )

Dans l'édition de 4660, obéissant à la réclamation de Vaugelas contre la confusion de consommer et de consumer, Corneille subs-

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