CONVERTIR. — CORPS
Mais on moment l'élève, an moment le détroit.
Et ce qu'il contribue à notre renommée,
Toujours en moins de rien se dissipe en fumée. [Hor., v, 3.)
L'obscurité que fait en celle-ci ( cette pièce) le rapport à l'autre a pu contribuer quelque chose à sa disgrâce, y ayant beaucoup de choses qu'on ne peut entendre, si l'on n'a l'idée présente du Menteur. {Exam. de la Suite du Ment.)
C'a été longtemps la seule forme usitée :
Il suffira pour le présent que ceulx du plat pays contribuent à la garde d'icelle ce qu'ils doibvent pour les surprises. [Lett. miss, de Henri IV, t. iv, p. 34.)— Nous contribuerons franchement, pour mettre fin à ceste guerre, nostre peine, tous nos moyens, nostre sang et nostre propre vie. [Ibid., p. 622, 25 juill. 1596.)— Pour remédier donc à ce mauvais effet, il est bon de concevoir quelquefois ces vérités si terribles en elles-mêmes par quelques images qui les rendent plus sensibles, et peut-être que celle dont nous nous servirons ici y pourra contribuer quelque -chose. (Nicole, Ess.t Traité des quatre fins dern.t n, 2.)
CONVERTIR en fumée l'orgueil de :
Il passa comme vous les monts à main armée,
Il sut ainsi que vous convertir en fumée
V orgueil des ennemis et rabattre leurs coups.
{A Mgr. le card. de Riche L, Sonnet.)
CONVIER de, inviter à, avec un nom de chose pour sujet :
Parois, il en est temps, viens en dépit des dieux,
Sauver ton Andromède ou périr à ses yeux.
L'amour te le commande, et l'honneur t'en convie. (Androm., m, 2.)
— convié, invité, pressé, en général :
Par quelque haut récit qu'on en soit conviée.
C'est grande avidité de se voir mariée. {Le Menteur, », I.)
€ Cette expression conviée, dit Voltaire, frise en ce sens, n'est plus d'usage; mais j'ose croire que si on voulait l'employer à propos, elle reprendrait ses premiers droits. » Il nous paraît superflu de citer des exemples pour montrer que cette signification est rentrée dans l'usage fréquent.
CORNU, bizarre, absurde, conséquences cornues :
Et vous avez avancé des maximes de théâtre de votre seule autorité, dont toutefois, quand elles seroient vraies, vous ne pourriez tirer les conséquences cornues que vous en tirez. {Lett. apolog.)
CORPS. Superbe emploi au fig. :
L'empire est a donner, et le sénat s'assemble
Pour choisir une tête à ce grand corps qui tremble,
Et dont les Huns, les Goths. les Vandales, les Francs,
Bouleversent la masse et déchirent le» flancs. (Pulch,, i, 1.)
146 * CORSAIRE. — COUCHfiR.
CORSAIRE, fig., pour désigner le ravisseur d'une femme :
N'en doute plus, Philiste, un ravisseur infâme
A mis en son pouvoir la reine de ton âme,
Et peut-être déjà ce corsaire effronté
Triomphe insolemment de sa fidélité. (La Veuve, iv, 1.)
COTÉ, du côté de, ce qu'on dit aujourd'hui assez mal, sous le rapport de :
J'en remporte cette satisfaction , que je laisse le théâtre françois en meilleur état que je ne l'ai trouvé, et du côté de l'art et du côté des mœurs. ( Penh. , Avis au lect. des prem. édit.)
Nous citerons, plutôt comme approchants que comme tout à fait semblables, les exemples suivants :
Les raisons qu'elle avoit de ne point épouser M. de Nemours lui paroissoient fortes du côté de son devoir, et insurmontables du côté de son repos. (M"* de La Fayettb, La princesse de Clèves.) — Mille idées effrayantes venoient l'assiéger du côté de l'avenir. (Prév., Mém. a" un homme de quai, , i.)
COUCHE, s. fém. sing., pour signifier enfantement, couches:
Vierge devant ta couche, et vierge après ta couche.
{Œuv. dit/., Louanges de la Vierge.) Et ta virginité dans ta couche est la môme. \Ibtd.)
Ce singulier était très-usité avant Corneille :
MM de Guise s'en estoit allé à Paris pour y faire sa couche. (Pasq., Leu.} xui, 5.) — MB* la princesse avoit résolu d'y faire sa couche, et y avoit fait tout préparer pour cet effet. (Malh., Lett., à Peiresc, 24 mars 1610.)
— couche, pour désigner l'union conjugale :
Bérénice est toujours digne de votre couche. (Tût et Bàrén., il, *.)
COUCHER au tombeau, comme précipiter au tombeau :
.... votre fourbe maudite, Dont je fus à regret le damnable instrument, À couché de douleur Tircis au monument, (Mil., iv, 6.)
— coucher d'imposture, pour payer d'impostures, par une figure empruntée au jeu :
Vous couchez d'imposture, et vous osez jurer,
Comme si je pouvois vous croire ou l'endurer. (Le Ment., m, 5.)
Molière a dit de même, probablement par imitation :
Oui, traître, c'est ainsi que tu me rends service!
Je viens de tout entendre, et vois ton artifice :
A moins que de cela, l'eusse -je soupçonné?
Tu couches d'imposture, et tu m'en as donné. (L'Étourdi, i, 10.)