‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 144 sur 743 · COULER · texte numérisé non relu

COULER

— Corneille dit aussi ; coucher de, pour signifier parler u\n emphase de :

J'aurai mille beaux mots tous les jours à te dire,

Je cmteherm de feu*, <k sanglots, de martyre,

Je te dirai ! ,Te meurs, je suis dans les abois,

Je brûle.... [SitUc Un Mem.> |, 2.)

On a dit dans un sens analogue :

Vous qui couchez toujours de Ijincictiueto, comme si c'estoii votre advantAge. (D Àcma.. Mém., IttOl.) — Lequel , pour toute réponse, me coucha d'un Fïutarque, qui semble faire le semblable. (RÛ(Ki Lftk, vin, 12.)

COULER, verbe act, au fig,, faire pénétrer, faire glisser, insinuer ;

Tu bais adroitement couler la flatterie. {Suite du Ment,, a, ri.)

Je ue sais quel malheur aujourd'hui me menace

El couk dans ma joie une secrète glace. {Hodûij.^ i, tl«)

De taut de questions les dangereux mystères

Produiroieni moins de trouble et de ren versement,

El ne couhrûîcM pas dans les règles austères

Des plus saints monastères

Tant de relâchement. hmtm, \t$.)

On trouve d'une manière analogue :

11 *'M impassible , par le devoir de Dieu , quun homme cachant sa mauvaise doetrme, et n'en faisant paraître qu'une bonne, e' se disant conforme â Dieu et à l'Eglise , fasse des miracles pour emier insensiblement une doctrine fausse et subtile. [Pasc.t f*en$iest odit. Lotiandre, c. Î3, ni.)

— couler (se), au fig., dans le sens de se glisser, s'introduire :

Comme les imprimeurs ont eu de la peine à s'y accoutumer , ils n'auront pas suivi ce nouvel ordre si ponctuellement, qu'il ne j'y soit coulé quelques fautes, auxquelles il sera aisé de suppléer. (Préf. de : Le Théàt. de P. Corn., éd. de 1682.) — Beaucoup de bonnes âmes sont assez simples pour ne s'apercevoir pas des imperfections de celte version, que d'autres mieux éclairées y rencontrent du premier coup d'œil, et qui ne s'y couteroieni pas en si grand nombre si Dieu m'avoit donné plus d'esprit. {Imit.% préf., 1653.)

Vois quel excès de crainte en mon âme se coule,

Vois-la gémir et s'affliger. (Ibid., ni, 23.)

11 n'y a personne qui ne croie faire honneur à un malhenreux quand il le sert. 11 y a très-peu d'honnêtes gens à celte épreuve, parce que cette disposition, ou plutôt cette indisposition se coule si imperceptiblement dans les esprits de ceux qu'elle domine, qu'ils ne la sentent pas eux-mêmes , et elle est de la nature de l'ingratitude. (Retz, Mém.) — Encore que ces sentiments n'eussent point passé par décret public en dogme de la synagogue, ils se couloienl insensiblement parmi le peuple. (Boss., Hisi. univ., 2« p., c. 18.)

De même, avec ellipse du pron. pers. : Vous voyez qu'il y a beaucoup de gens dans les compagnies qui commencent

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