CROUPISSANT. — CUEILLIR
Ne voit plus loger avec lui
Le soin, le chagrin, ni l'ennui. (Mélang. poét.)
Il a dit encore :
Croyez-moi qu'AIcidon ne sait guère en amour. [La Veuve, iu, 4.)
On a dit comme lui :
Croyez-moi qu'il aura la main
Àr «si valeureuse et soudaine
Que jamais ait eu capitaine
Lequel se soit fait renommer. (Godard, Le* Desguises } u, 1.)
Vous ne connoistrés jamais bien cette vertu, et croyés-moy seulement qu'il n'y a rien au monde de si estimable. (Chapelain, Leti. à Bal*., 25 mars 1637.) — Croyez-moi, monsieur, qu'il n'y a rien de si odieux, et qu'un honnête homme doive éviter davantage, que de reprendre publiquement un ouvrage que la réputation de son auteur ou la bonne fortune de la pièce a fait approuver de chacun. (Le môme au même, 22 août 1637.) — Si les hommes estoient assez sages pour pouvoir s'accommoder aux douceurs d'une honneste pauvreté, croyez-moy, Ëraste, qu'ils ne féroient pas comme ils font, et ne se donneroient pas à tous les diables pour des biens dont la conservation est si pénible et la superfluité si peu nécessaire. (Dassooct , Prison de M. Dassoucy.) — Quand ils peuvent découvrir une personne dont la réputation sauve la leur, ou quelque jeune innocente dont leur âge peut les faire approcher sans soupçon, croyez-moi qu'elles ne leur échappent que rarement. (M" de Villed., Journ. amour., xxm.)
CROUPISSANT, fig., où Ton croupit, sommeil croupissant :
Et qu'une lenteur morne, un sommeil croupissant,
Tiennent enveloppé de tant de nonchalance,
Qu'à tous les bons effets je demeure impuissant. (Imii., iv, 3.;
CROYABLE, croyable de quelque chose, croyable sur, concernant quelque chose :
Si l'humble saint François en peut être croyable. (Imii., m, 50.
En être croyable ne pourrait-il pas se dire en poésie, aussi bien que en être cru ?
CROYANCE, mettre en sa croyance que :
Tu te flattes, César, de mettre en ta croyance
Que la haine ait fait place à la reconnoissance. \Pomp„ îv, 4.)
— donner croyance a, comme écouter :
Donnez moins de croyance à votre passion. [Cinna, îv, 3.)
CUEILLIR, fig. cueillir les faveurs, avec le futur cueilli™ pour cueillera :
Cependant qu'un ami, par tes lâches menées, ,
Cueillira les faveurs qu'elle t'a destinées.
(La PI. Roy., 1" èdit. jusqua 1654 inclus.)
A l'époque de Corneille on disait cueillira et cueillera; mais la