‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 16 sur 743 · ADRESSE. — AFFAIBLIR · texte numérisé non relu

ADRESSE. — AFFAIBLIR

ri. 1.) — Les Anglois, voyant qu'on prenoit la coutume de les fouiller, eurent recours à de petites adresses pour passer de l'or. (Tavern., Voy. des Indes, i, $.)

— On ne sait que trop les adresses qui se peuvent souvent trouver dans les esprits les plus ignorants pour attirer leurs semblables. (Boss., far., xi.) — Et par mille adresses lestenoit tous en soupçon l'un de l'autre. (Mézer., Hisi. de Fr., Blanche, femme de Louis VIII.) — Cet empereur (Julien l'Apostat), entre les adresses dont il se servit pour engager ses sujets à l'idolâtrie , s'avisa de faire souiller par des superstitions païennes tous les vivres qu'on eiposoit au marché de Constantinople. (P. Daniel, Entr. de Cléandre et cTEudoxe, iv.)

A sa cour, où l'usage a permis les adresses.

On endort ce qu'on hait par de fausses caresses. (Bouts., Gerfit.,iv, 3 .)

Je crains la politique et ces lâches adresses

Qui savent éluder les plus saintes promesses. (Le Mierre, Térée, i, 2.)

De même de nos jours :

L'amour de la religion et l'amour de la patrie sauront déjouer ces misérables adresses. (L. Yeuillot. Mèl., 28 mars 1848.) — Toutes les adresses, toutes les audaces, il se les permettait. (Ste-Bkuve. Causeries du lundi, 7-8 avril 1851.)

— Cet « instinct qui le pousse », plus convaincant que la logique de l'école, plus habile « que toutes les adresses, » lui suggère (à Bossuet) des preuves inattendues et saisissantes. (Nisard, Lts Grands Sermonnaires franc., i. Rev. des Deux Mondes, 15 janv. 1857.)

— avoir de l'adresse, en parlant d'un artifice de théâtre, renfermer quelque chose d'ingénieux :

Il n'y a pas grand artifice à finir un poème, quand celui qui a fait obstacle au dessein des premiers acteurs, durant quatre actes, en désiste au cinquième, sans aucun événement notable qui l'y oblige. J'en ai parlé au premier discours, et n'y ajouterai rien ici. La machine n'a pas plus d'adresse, quand elle ne sert qu'à faire descendre un dieu pour accommoder toutes choses , sur le point que les acteurs ne savent plus comment les terminer. {Trois. Disc.)

Dans ce môme ouvrage, Corneille emploie plusieurs fois l'expression, adresse de Vart, pour les moyens et les artifices de l'art.

AFFAIBLIR, activ., affaiblir i;n état de; l'affaiblir en lui faisant perdre...

Cette vieille coutume en ces lieux établie, Sous couleur de punir un injuste attentat. Des meilleurs combattants affaiblit un État. (Le Cid, iv, 5.)

— affaiblir, neutr., faiblir, en parlant du talent :

l'affoiblis, ou du moins ils se le persuadent. (Remerc. au Roi, en 1667.)

On trouve affaiblir, employé de même neutralement, en parlant de la santé, de la parole, etc., pour s'affaiblir, devenir plus faible :

Tenesis cependant affoiblissoit à vue d'oeil. (Gomberv. , Cifth., S* p., 1. i.) —

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