‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 15 sur 743 · ADRESSE · texte numérisé non relu

ADRESSE

— adresse, dans le sens de renseignement. Donner quelque adresse de quelque chose, donner quelques détails qui mettent sur la voie de quelque chose :

C'est.... je l'aurois nommé mille fois en un jour.... Que ma mémoire ici me fait un mauvais tour! C'est un des bons amis que Philiste eut au monde.... Rêve un peu comme moi, nourrice, et me seconde, u nourrice. Donnez-m'en quelque adresse. (La Veuve, iv, C.)

Donner quelque adresse, donner une adresse, étaient des locutions toutes faites qui s'employaient avec diverses nuances de signification, mais toujours dans le sens de renseignement, instruction :

C'est dans ce désir de donner quelque adresse à ceux qui conduisent les urnes, pour connoilre les régies saintes et ecclésiastiques de la pénitence, que j'ai entrepris de la représenter en cet ouvrage, telle que nous la trouvons établie dans la tradition de l'Église. (Aux., De lu Fréq. Commun., préf., p. xix. ) — Voilà toute l'adresse que je puis donner aux autres, et que je prends pour moi-même en une matière où l'on ne sauioit trouver de règle. (Vadgbl., Rem.)

Corneille a encore dit dans le même sens :

Celui (le but) de la poésie dramatique est de plaire, et les régies qu'elle nous prescrit ne sont que des adresses pour en faciliter les moyens au poète. (Méd., à Monsieur P. T. N. G.)

— pour votre adresse, comme à votre adresse :

Voici pour votre adresse une assez rude touche. {Le Ment., v, 3.)

— adresse, avec le pluriel dans le sens d'habileté, de moyen habile :

Franchement, c'esl-à-dire avec mille rudesses,

Le mépriser, le fuir, et par quelques udresses

Qu'il lâche d'adoucir.... (La PI. roy., i, 1.)

On trouve de très-nombreux exemples de cette signification heureuse :

C'est encore ici une des plus subtiles adresses de votre politique, de séparer dans vos écrits les maximes que vous assemblez dans vos avis. (Pasc, Prov.t xm.) — Bien remarquer les adresses dont on se sert pour bannir entièrement de l'esprit le souvenir de la mort. (Nicole, Traité des quatre fins dern. , i, 1.) — Ils se servent de diverses adresses qu'il est utile de découvrir. (Id., ibid., i. 2. ) — La vanité a des adresses et des ressources infinies. (Id., (ont. des Ess.% sur l'ép. du l.V dim. d'après la Penl., vu.) — Où sont ceux qui ont autant de vues, d'ouverinresi et d'adresses pour s'avancer dans la vertu, qu'un ambitieux en a pourréussir dans ses prétentions? (Id., ibid.t sur l'ép. du dim. do la Septuag. ) — Une de leurs adresse* étoit de me faire sans cesse l'éloge du secret. (MUe de Montp. . Ném., 1637.)— Ce n'est pas que les choses ne soient expliquées par des manières de parler fort modestes et des adresses fort délicates. (D'Aubign. , Prat. du ihédt.,

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