DÉBATTRE. — DÉBORDEMENT
— de, explétif:
C'est moi que tyrannise an superbe de frère. (Andiom., ni, 5.)
Si vos tyrans d'appas retiennent ma franchise,
Je puis l'être comme eui de qui me tyrannise. {Attila, m, 2.)
DÉBATTRE, employé absolument:
Amusez-le du moins à débattre avec vous. [Niconi., v, 5.)
« Débattre, dit Voltaire, est un verbe réfléchi qui n'emporte point son action avec lui. Il en est ainsi de plaindre, souvenir; on dit : Se plaindre, se souvenir, se débattre ; mais, quand débattre est actif, il faut un sujet, un objet, un régime. Nous avons débattu ce point; cette opinion fut débattue. »
Dans l'ancienne langue on avait une liberté très-grande et trèsheureuse d'employer les verbes neutralement ou absolument dans des cas où Ton se servirait aujourd'hui de l'actif ou du réfléchi. Plus loin nous éclaircirons à fond cette question.
DÉBILE, faible, au sens moral :
Un héros arrêté n'a que deux bras à lui,
Et souvent trop de gloire est un débile appui. {Sur., v, 1.)
Et mes ressentiments n'ont qu'un débile effort. [La Suiv., m, 3.)
Je brave, vain amour, ton débite pouvoir. [La PL Roy., v, 10.)
Et que peut contre moi ta débile vaillance? [Méd.t v, 7.)
Son coup (de la tentation) est pour les uns rude, ferme, pressant,
Pour les autres, débile, et mol, et languissant. {Émit., î, 13.)
DÉBILITER, affaiblir, débiliter la force de quelqu'un :
Crois-tu qu'aimant Daphnis, le titre de son père
Débilite ma force, ou rompe ma colère? (La Suiv., iv, 8.)
DÉBITER, pour signifier exposer, exprimer :
Je vous demande pardon si je vous débite avec tant de franchise ma pensée sur les présents que vous m'avez faits, vous me l'avez ordonné et je vous obéis. (Leit. au P. Boulard, 12 avr. 1052.)
On trouve débiter, dans le style sérieux, employé dans ce même sens et sans aucune idée défavorable :
Dans tous les siècles ils ont renouvelé les mêmes défenses , débité les mêmes maximes, prononcé les mêmes arrêts. (Bourd., Serm. pour le 3e dim. apr. Pâq., i.) — Ce ne sont pas mes pensées que je débite; je ne fais que rapporter les jugements <J autrui. (Marsolibr, Vie de S. Franc. deSaL, A vert.)
DÉBORDEMENT, fig. :
La prodigalité de sa divine main
Veut que tout homme ait part à ce bien souverain (la grâce)
468 DÉBRIS. — DÉCEPTIF.
Au milieu de sa lassitude :
Et du corps tout usé la traînante langueur, Dans le débordement de cette plénitude,
Souvent trouve un trésor de nouvelle vigueur. (/mi*., iv. l.i
Ses fleuves teints de sang, et rendus plus rapides Par le débordement de tant de parricides. {Pomp., i, I...
Ne sent-on pas un peu trop dans ces derniers vers le goût et l'imitation de Lucain?
DÉBRIS, au sing. et au propre, dans le sens de ruine, écroulement :
L'un, écrasé subitement
Sous le débris d'un bâtiment,
A fini ses jours et ses vices. (7mi«., i, 23-
DÉCEPTIF, trompeur, dont l'objet est de tromper :
Enfin, tu ne vois là, poudres, racines, eaux,
Dont le pouvoir mortel n'ouvrit mille tombeaux;
Ce présent déceptif* bu toute leur force,
Et, bien mieux que mon bras, vengera mon divorce. {Méd., iv, 1.)
Ce mot est très-fréquemment employé par les poètes du quinzième siècle, du seizième, et du commencement du dix-septième :
Les abusant par deceptif langaige.
(Gringorb, Les Folles entrepr.t Biblioth. elzév., p. 67.) J'ai essayé du froid, du chault, Et sçai que cette vie mondaine Est fainte, déceplive et vaine, Faisant cent mille gens périr.
(Martial de Paris, dit d'Auvergne, L'Amant rendu cordelier à t observance d amour •$.] Qui t'a fait si savant A mettre mots décepti/s en avant? ;Cl. Marot, Léandreet Uiro.
Pensez-vous nous rendre estonnez
Par une langue deceptive.
Comme si la nos Ire captive
Ne pouvoit respondre un seul mot. Grevin, Les Esbahis, v, 4.
Noslre France est trop abbruvée
De vostre feinte coutrouvée
Et oVcr/xit* intention. M , ibid.
Fortune m'a. par ses faietz deetptis, Tourné le dos, et mes sens abêtis, Puis que tu n'as leu ne veu de l'acteur
Trois Epistres. VR. de Collerye, Rond., en
C'est mal parle, homme nou >e niable, Trop dtctpty et trop insupportable.
De maiutenir que m a>ei satisfait. ld.. ibid., civni
Sommeil léger, image décrpttvet Qui m'es un gain et perte en un moment;