‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 162 sur 743 · DE · texte numérisé non relu

DE

— de, elliptique, dans le seas de d'après :

Quoi que vous m'ordonniez, j'obéirai sans peine ; Mais de mon inclination Je mourrai fille ou vivrai reine. {Agés., n, 7.)

C'est-à-dire , en agissant, si je puis agir de, d'après mon inclination.

— de, avec ellipse du mot celui :

Le saint martyr, sans autre baptesme que de son sang, s'en alla prendre possession de la gloire que Dieu a promise à ceux qui renonceraient à eux-mêmes pour l'amour de luy. (Pol., Abr.'du Mart. de S. Pol.)

— de, devant un infin., au lieu de en suivi d'un part. prés. :

J'achèterois trop cher la mort du suborneur.

Si, pour avoir sa vie, il m'en coûtoil l'honneur,

Et montrerais une âme et trop basse et trop noire,

De ménager mon sang aux dépens de ma gloire. (La Gai. du Pal., v, 3.]

D'un juste désespoir l'effort est légitime,

El de le détourner je croirais faire un crime. (/////iti.,v, 1 <

Dis que de leur parti toi-même tu te rends,

De te remettre au foudre à punir les tyrans. (Cm., m. •*•

C'est un excès d'honneur que vous me voulez rendre,

Et je croirais faillir de m'en vouloir défendre. {Suite du Ment., m, 1

Cette forme rapide n'a pas trouvé grâce devant Voltaire dans ce vers :

Que ferois-tu pour moi de me laisser la vie? {Héracl., m. *-

Il y voit « un solécisme; il faut, dit-il, en me laissant la vie. »

Même jugement sur ces vers :

Je trahirais, madame, et vous et vos États,

De voir un tel secours et ne l'accepter pas. (Sert., u, 2-

« Je trahirais de» est un solécisme. » En dépit de ces décisions cet emploi est très-fréquent chez tous les auteurs du dix-septième siècle :

J'honore trop l'ingrat d'avoir daigné m'en plaindre,

D'avoir tant de regret de son heureux refus. (Quuc., Belleroph., u, 3.

C'est-à-dire , en ayant daigné , de ce que j'ai daigné m'ei plaindre.

Quelquefois si, avec le conditionnel, traduit mieux la pensée comme dans l'exemple suivant :

Mélite serait trop ingrate de rechercher une autre protection que la vôtre. (Mil à M. de Liancour.)

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