DEVOIR. — DEVORER. 2(M
DEVOIR, avec le plur., dans le sens d'actes de valeur, de dévouement, dont on s'acquitte en remplissant un devoir :
J'en aurai soin, allez : vos frères vous attendent;
Ne pensez qu'aux devoirs que vos pays demandent. (J/or., 11, 8.)
Le vers de Corneille recevra peut-être quelque élucidation des exemples suivants, où devoir est employé dans le sens autrefois rès-fréquent de zèle, efforts, bons offices :
Que les Macédoniens s'évertueroient, attendu qu'ils auroient à combattre pour tanyer leurs femmes et leurs enfants, et qu'ils auroient leur roi présent, et voyant e debvoir que chacun d'eux feroit, et combattant lui-même en personne pour eux. Amyot, Vies, Paul-jEm.) — Des exploits qu'il fit en toute cette guerre , en voyant me partie faicte par la promptitude de sa hardiesse, une autre par son bon sens ;t bon conseil, une autre par le debvoir que firent ses amis qui le servirent de grande affection, et une autre par sa constance résolue et assurée au plus fort lu péril. (Id., ibid.) — Il me tarde que le jour de demain soit arrivé, afin d'avertir notre roi et le vôtre du bon devoir que vous avez fait contre ceux qui sont -entfois pires que les Mores de Barbarie. (Montl., Comm., v.) — Le roi, votre naistre , sachant le debvoir que vous aurez fait, vous en saura meilleur gré que û vous combattiez pour lui-même. (Id., ibid.) — Il seroit impossible de vous raconter combien de debvoir ce gentil prince apporta à la conservation de la ville. Pàsq.,L*«., if 11.)— La charge a été si furieuse, que quelque debvoir de vaillant capitaine qu'il y ait apporté, son cheval a été tué, lui blessé et pris. (Id., heu., iv, 18.) — Ceulx qui estoient dans Noyon ont fait tous les debvoir s que peuvent •endre gens de bien en telles occasions. (Leti. miss, de Henri IV, t. m, p. 746). — Monsieur Daubray, je vous prie de croire que je n'ay jamais rien creu de vous pie ce que je dois croire d'un gentilhomme d'honneur, et qui autant mérite en seste cause que nul autre, un chascun sachant assez les devoirs que vous avez renduz en ceste ville durant le siège, et depuis, en toutes les occasions qui se (ont présentées. (Mayenne à Daubray, dans Cayet, Chronol. novewiaire , 1. îv, inn. 1593.) — De ces quatre-vingts, ne se sauvèrent que cinq, savoir trois des capitaines que nous avons nommez, un soldat et leur chef; les trois pour s'estre nis en faction, n'ayant peu tirer ce devoir de la lassitude de leurs gens. (U'Adb., Util, univ., v, 16, 1™ édit.)
— petits devoirs, petites attentions, petites prévenances :
Mille petits devoirs ont tant parlé pour moi,
Qu'il ne m'est plus permis de douter de sa foi. (La Veuve, î, 1.)
DÉVORER, lig. s'empresser a dévorer un règne d'un moment , expression d'une énergie intraduisible , et qui signifie k peu près : s'empresser d'arracher tous les biens, toutes les jouissances et toutes les faveurs que le maître peut donner ou laisser prendre :
Je les voyois tous trois se hâter sous un maître,
Qui chargé d'un long âge a peu de temps à l'être ;
Et tous trois à l'envi s'empresser ardemment
A qui dévorer oit ce règne d'un moment, {Oth.t i, 1.)