DEXTÉRITÉ. — DEXTREMENT
— dévorer l'ame, comme on dit, ronger le cœur, en parlant du chagrin :
Le chagrin accablant qui me dévore rame
Me fait abandonner et peuple, et sceptre, et femme. {GEd.t v, u.)
DEXTÉRITÉ, habileté:
Polyclète est encor chez vous à vous attendre,
Et fût venu lui-même avec moi vous chercher,
Si ma dextérité n'eût su l'en empêcher. (Cin., i, 4.)
DEXTRE', main, main droite, relevé par un adjectif:
N'éloigne point de moi ta dextre secourable. {ImiL, m, 38)
Mais bientôt, rappelant son antique prouesse,
Il tire du manteau sa dextre vengeresse. (Bon.., Le Lutrin, v.)
— a sa dextre, à sa droite :
Tu te sieds à sa dextre, à côté de ton Fils.
{CEuvr. dit;., Louanges de la Vierge.)
On a dit d'une manière analogue à la même époque :
Il quitte sans émotion toutes les choses que le monde adore : il les regarde déjà comme on les regarde de la dextre du Dieu vivant. (Patrd, Éloge de Pompette.)
— dextres aguerries, bras, soldats aguerris :
Vous, ses premiers sujets, qu'attache à son côté
La splendeur de la race ou de la dignité,
Vous dignes commandants, vous dextres aguerries,
Troupes aux champs de Mars dès le berceau nourries,
Dites-moi de quels yeux vous vîtes ce grand roi,
Après avoir rangé tant de murs sous sa loi,
Descendre parmi vous de son char de victoire
Pour vous donner à tous votre part à sa gloire. [Les Vie t. du roi en 1667.)
Corneille n'a-t-il pas imité ces vers d'un de ses plus hardis prédécesseurs dans Fart tragique?
Es-tu ce grand Belcar dont la dextre aguerrie Estendoit son renom plus loin que la Syrie?
(J. ou Schklandrb, Tyr et Sidont 2*journ., m, 3.)
DEXTREMENT, habilement :
Que tu sais dextremenl adoucir mon martyre! (**</., i, 4, lrw édit.)
Si je voulois baiser ou tes yeux, ou ta bouche, Tu savois dcjttrement faire un peu la farouche.
{Clii.y v, 2, lr" édit. jusqu'à 1644 inclus.)
Dans l'édition de 4660, Corneille remplaça dextrement par adroitement :
Tu sais adroitement adoucir mon martyre.
Mon peuple aura des yen* pour connaître Mû roit Et mettra différence entré tin tyran et moi,
DIFFUS, part, passé, du fis sur, répandu sur
Et plus cette faveur sur la turre m diffti**. Plus elle y fait briller ta grlce cl ton amour.
— diffus, n4j., abondant :
Divu soavent est prodigue après de longs refus, Le bonheur qu'il diffère eu devient plus diffus,
DIGNE, avec un nom de personue.
CftflteBh dit avec une énergique concision ; au plus digne Wl je,.,, pour, à celui qui est le plus digue que je... :
Marquis, preucï ma bague, et la donuex pour marque
Au plus digne des trois cjite J'en fasse un monarque . (D, Stmeher i, 8*J
digne, avec un nom de chose, dans le sens de relevé, éclatant, noble :
Et cette même reine est un exemple illustre
Qui met tous vos hauts faits en leur plus digne lustre.
(La fois, d'or, m, 1.)
L'avantage du change en ôte l'infamie.
Allez, n'en perdez pas la digne occasion ;
Poursuivez-la sans honte et sans confusion. [D. Sanche, ni, 1.)
Je suis ravi de voir qu'au milieu de vos flammes
De si dignes respects régnent dessus vos âmes. [Androm., iv, 6.)
DIMINUER quelque chose de, affaiblir en quelque chose :
Comme la gloire de Votre Éminence est assurée sur la fidélité de cette voix Publique, je n'y mêlerai point la foiblesse de mes pensées, ni la rudesse de mes «pressions , qui pourroient diminuer quelque chose de son éclat. (Pompée, au card. Itzarin.)
On trouve d'une manière analogue, sans régime direct :
La familiarité, de laquelle un grand seigneur qui est honnête homme se défend ■oins qu'un autre, diminue insensiblement du respect. (Retz, Mém., v, 1655.) — Je crains que l'opinion qu'il a de votre bonté ne diminue du crédit que je voudrais sur son esprit. (H" db Mainten., Leti., au card. de Noaill., 20 nov. 1702.)